Des membres de la famille Cardona devront quitter le pays le 4 août si rien ne change dans leur dossier.

Famille sherbrookoise menacée d’expulsion : l’intégrité de l’immigration doit être assurée, dit Bibeau

La crédibilité et l’intégrité du système d’immigration canadien sont primordiales selon la députée Marie-Claude Bibeau qui a été appelée lundi à commenter la situation de la famille Cardona. Patricia Cardona, sa fille Estefania et les deux enfants de cette dernière, Didier et Alison, qui sont en Estrie depuis deux ans, devront quitter le pays le 4 août si rien ne change dans leur dossier.

La situation a suscité beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux. Plusieurs ont dénoncé l’expulsion, d’autant plus que les membres de la famille sont bien établis en Estrie. Les enfants vont à l’école et Estefania Cardona a un emploi chez Roulottes Evasion.com. Patricia Cardona travaille quant à elle chez Publisac.

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« C’est toujours déchirant et ça nous brise le cœur quand ils ont eu le temps de bien s’intégrer, mais il faut assurer la rigueur pour que les Canadiens ne pensent pas qu’on évalue à la pièce, mentionne Marie-Claude Bibeau, députée de Compton-Stanstead et ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Canada. Je ne connais pas le dossier. Est-ce qu’il y aurait la possibilité de la faire transiger par un autre mécanisme ou est-ce qu’ils doivent absolument retourner là-bas et refaire une demande? C’est important pour l’intégrité de notre système d’immigration. »

Marie-Claude Bibeau, qui confirme ne pas avoir reçu de demande de collaboration du bureau du député Pierre-Luc Dusseault, ajoute qu’il est important que les gens fassent leur demande selon le programme qui leur convient le mieux. 

« Si leur vie est en danger, c’est clairement la demande d’asile, mais ça peut être comme étudiant, travailleur, investisseur ou en tant que réunification familiale, explique la députée fédérale. On veut rassurer les Canadiens que le système d’immigration est très rigoureux, mais qu’on fait aussi faire preuve de compassion. On a aussi besoin de main-d’œuvre. C’est un juste équilibre. »

La députée Marie-Claude Bibeau admet que ça peut prendre quelques années avant que les personnes passent à travers du processus d’immigration.

Mme Bibeau admet que ça peut prendre quelques années avant que les personnes passent à travers du processus, mais que les délais pour les réunifications familiales ont été réduits de façon significative dans les dernières années.

« Il faut faire attention que les gens n’utilisent pas la mauvaise porte pour rentrer parce qu’on ne veut pas que ce soit trop facile de changer le processus, de faire une demande d’asile et ensuite trouver un emploi pendant les délais. Il faut s’assurer que l’immigration est crédible. »

Un pays dangereux?

Selon l’avocat qui représente les Cardona, Stewart Istvanffy, toute la famille a été victime de menaces parce que Marcela Gomez, la fille de Patricia et la sœur d’Estefania, a été témoin contre un haut responsable des FARC avant de venir au Canada. Leur vie serait donc en danger advenant en retour en Colombie.

Mme Bibeau assure toutefois que le Canada fait ses devoirs avant de retourner des demandeurs d’asile dans une zone à risque.

« On a nos ambassades sur le terrain et ce sont des évaluations qui sont faites par le Canada, mais aussi avec nos pays alliés, résume Mme Bibeau. Tous nos services d’intelligence se parlent et on a des classements des pays. Ça peut être événementiel et on donne l’asile pendant un certain temps. C’est assez complexe. Une famille peut être en danger et une autre non, si par exemple elle est identifiée à un parti politique. Pour avoir été aux affaires mondiales trois ans et demi, on est exemplaire. »

La communauté latino-américaine de l’Estrie tiendra une vigile devant le palais de justice de Sherbrooke, vendredi à 18h, en guise de soutien à la famille Cardona.