Le ministère de la Culture et des Communications a entamé mardi le mouvement visant à acquérir la maison de New Carlisle dans laquelle René-Lévesque a été élevé. 

Expropriation imminente de la maison de René-Lévesque

Selon ce qu'a appris Le Soleil, le ministre de la Culture et des Communications Luc Fortin annoncera mercredi que son gouvernement a entamé le processus d'expropriation de la maison René-Lévesque, c'est-à-dire la résidence de New Carlisle dans laquelle l'ancien premier ministre du Québec a été élevé.
L'action du ministère est justifiée par le piètre état de la demeure. La maison du 16, Mount Sorel est classée monument historique depuis le 24 juin 1995. Déjà à l'époque, elle était au coeur de discussions entre son propriétaire, Denis Cloutier, et le ministère de la Culture, afin que des travaux de réfection soient entrepris. Des travaux mineurs ont été entamés au fil des ans, sans plus.
Dans une lettre, le 4 août, le ministre Fortin avait enjoint Denis Cloutier à collaborer, lui rappelant que ses obligations, considérant la protection légale accordé à la maison René-Lévesque, revenaient à la conserver en bon état. Des subventions étaient disponibles dans ce cas.
Il donnait au propriétaire jusqu'au 19 septembre pour faire connaître ses intentions quant au sort réservé à la maison. M. Cloutier n'a pas répondu. Le ministre avait indiqué le 4 août qu'il n'hésiterait pas à utiliser les pouvoirs d'expropriation dévolus en vertu de la «loi sur le patrimoine culturel».
C'est la première fois depuis l'adoption de la loi en 2012 qu'un ministre se sert du pouvoir d'expropriation. 
«Les nombreuses tentatives d'une négociation directe avec le propriétaire n'ayant donné aucun résultat, il est grand temps de poser des gestes concrets pour assurer la préservation de la maison René-Lévesque. Le gouvernement reconnaît l'apport et l'héritage que René Lévesque a laissé au Québec. C'est pourquoi j'enclenche dès maintenant le processus d'expropriation tel que me le permet la loi», annoncera le ministre mercredi.
Sa priorité demeure une entente de gré à gré avec M. Cloutier sur un prix de vente. Le ministre pourrait même suspendre le processus d'achat s'il y a «engagement sérieux du propriétaire» à restaurer la maison. En cas d'expropriation et d'un prix contesté par Denis Cloutier, c'est le Tribunal administratif du Québec qui tranchera, un processus qui pourrait être long.
Le ministre devra préalablement obtenir un décret du gouvernement québécois pour enclencher l'expropriation, une condition facilitée par la reprise de la session parlementaire mardi.
Une maison en triste état
La maison est en triste état. Un pan entier de revêtement extérieur est enlevé depuis des années, du côté ouest. Une grande toile bleue cache l'intérieur de la véranda, aussi depuis des années. Certaines pièces de la gouttière semblent tenir par habitude. L'intérieur a l'air inhabitable. Le gazon est tondu, seul signe de présence récente.
René Lévesque a habité cette maison de l'année de sa naissance, en1922, jusqu'en 1939. La bibliothèque de son père Dominique, avocat, est longtemps restée dans la maison. On ne sait trop ce qu'il en reste.