Voulant diriger le Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon propose des mesures pour améliorer la condition féminine cette semaine.
Voulant diriger le Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon propose des mesures pour améliorer la condition féminine cette semaine.

Équité salariale: la loi à revoir, selon St-Pierre Plamondon

Il est temps de revoir la Loi sur l’équité salariale pour résorber une fois pour toutes l’écart de rémunération persistant entre les hommes et les femmes, même s’il en coûte des milliards de dollars.

C’est la proposition lancée jeudi par le candidat à la direction du Parti québécois (PQ) Paul St-Pierre Plamondon.

Il critique d’ailleurs le gouvernement Couillard — qui a selon lui «appauvri les femmes» avec ses mesures d’«austérité» —, mais aussi les caquistes qui lui ont succédé, parce qu’ils n’ont pas corrigé la situation, même s’ils se targuent d’être pour l’égalité homme-femme.

En cette semaine précédant la Journée internationale de la femme, le 8 mars, M. St-Pierre Plamondon s’est donné comme objectif de proposer quotidiennement des mesures pour améliorer la condition féminine.

L’État québécois sous sa gouverne montrerait l’exemple et délierait les cordons de la bourse, puisqu’il emploie en majorité des effectifs féminins.

Dans un document transmis à La Presse canadienne jeudi soir, l’aspirant-chef fait remarquer que selon les statistiques de 2019, les femmes gagnent 89,7 % du salaire des hommes. En 1997, à l’époque de l’adoption de la loi, l’écart était de 15 %.

Selon lui, c’est donc dire que la loi actuelle ne suffit pas, puisqu’en plus de 20 ans, le progrès n’a été que de 5 %. S’il est élu chef du PQ et forme le prochain gouvernement en 2022, il s’y attaquerait.

«Il y a plus de travail à faire que de réelle amélioration pour arriver à une réelle égalité et c’est pour ça que la rénovation de cette loi me semble fondamentale», a-t-il affirmé, dans une entrevue avec La Presse canadienne.

Par exemple, il faut revoir la grille d’analyse pour l’élargir et permettre notamment des analyses entre des secteurs différents. Également, il faut que le versement de l’ajustement salarial rétroactif constaté en vertu de la loi soit fait sur-le-champ.

M. St-Pierre Plamondon rappelle que des pétitions ont été déposées par des groupes d’employés qui attendent toujours le versement de sommes en rattrapage.

En outre, «il y a un rattrapage à faire par rapport à l’ère [du gouvernement] Couillard», a-t-il insisté. Les efforts réalisés pour atteindre l’équilibre budgétaire ont affecté surtout les femmes, qu’elles soient employées de l’État ou bénéficiaires des services publics, a plaidé l’aspirant-chef péquiste.

Or, même si le premier ministre François Legault se dit défenseur de l’égalité homme-femme avec sa loi sur la laïcité, il ne fait rien pour améliorer concrètement le sort des travailleuses, a accusé M. St-Pierre Plamondon.

D’une part, les offres salariales du gouvernement au secteur public sont loin de corriger les disparités salariales affectant les secteurs d’emploi traditionnellement à majorité féminine, a affirmé le prétendant dans la course péquiste. Et d’autre part, le gouvernement caquiste n’a rien fait pour corriger les effets de «l’austérité» libérale dans le secteur public, a-t-il conclu.

Enfin, concernant le secteur privé, M. St-Pierre Plamondon a indiqué qu’il contraindrait les 30 % d’entreprises qui n’ont pas réalisé les démarches d’équité salariale à le faire.