Pour Régis Labeaume, il faut agir pour attirer des résidents parce que le Vieux-Québec est à risque de devenir seulement un décor pour les touristes.

Équipe Labeaume veut attirer 500 résidents dans le Vieux-Québec

Ce qui était un souhait devient une promesse électorale. Équipe Labeaume s'engage à attirer 500 nouveaux résidents dans les murs du Vieux-Québec pour éviter que le quartier historique devienne un Airbnb à ciel ouvert.
Le maire sortant en a fait l'annonce dimanche lors d'une conférence de presse où il présentait les engagements locaux des six arrondissements. «Il faut donner un signal clair pour dire aux gens de revenir», a lancé Régis Labeaume, précisant qu'il allait dévoiler plus tard en semaine le plan qu'il entend mettre en place.
Mais la tâche s'annonce compliquée. «Il faut tricoter serré», admet-il, du fait que s'établir intra-muros est coûteux et contraignant pour les propriétaires. «Il faut être un peu plus fortuné. C'est exigeant. On va mettre plus avec les programmes de mise à niveau des bâtiments», évoque encore M. Labeaume.
Peu de services
Le problème ne date pas d'hier. Selon lui, les résidents ont déserté avant son arrivée au pouvoir en 2007. Au cours de la dernière dizaine, la population s'est difficilement maintenue, sans jamais pouvoir atteindre le chiffre d'avant 2007. Après vérification, Le Soleil écrivait en février dernier que 97 personnes ont fait leurs valises entre 2011 et 2016 pour quitter l'arrondissement historique tandis qu'ils étaient 492 citoyens à déserter le Vieux-Québec de 2006 à 2010. Cette dernière baisse de 9,3 % avait été la plus forte en près de 60 ans.
Le défi majeur est d'attirer de nouveaux commerces de proximité pour convaincre les gens de revenir en ville. «Il n'y a pas de service, reconnaît le maire sortant. Nous sommes en discussion avec une épicerie», laisse-t-il échapper.
Pour lui, il faut agir parce que le Vieux-Québec est à risque de devenir seulement un décor pour les touristes. «C'est ce qui se passe en Europe. Voyez ce que les gens du centre-ville de Barcelone disent. Tu peux perdre le contrôle de ton centre-ville comme à Dallas et Colombus. C'est d'une tristesse, c'est incroyable. Le trou de beigne, ça ne marche pas. Il faut être sévère avec les promoteurs parce qu'il n'y aurait que des Airbnb. Ce n'est pas pour rien qu'il y a un moratoire.»
Avant même le début de la campagne, l'administration Labeaume a mis en place certaines pièces du puzzle. En août, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, confirmait la vente du terrain de l'îlot Charlevoix à la Ville de Québec pour 1 million $. Logements et services de proximité étaient déjà prévus pour cet espace stratégique au coeur du Vieux-Québec situé à l'intersection de la rue Charlevoix et de la côte du Palais.
Les terrains de l'ancienne école primaire Saint-Louis-de-Gonzague doivent également accueillir un projet résidentiel tout comme ceux situés en bas de la côte de la Potasse.
Ces projets domiciliés déjà annoncés sont suffisants pour atteindre l'objectif, conclut M.Labeaume.