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Le ministre des Finances Eric Girard devant le Coureur nordique, dans Montcalm, mercredi
Le ministre des Finances Eric Girard devant le Coureur nordique, dans Montcalm, mercredi

Équilibre budgétaire: le ministre des Finances doit s’équiper en conséquence

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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S’il veut bel et bien retrouver l’équilibre budgétaire en cinq ans, comme il semble le souhaiter, le ministre des Finances du Québec devra se doter de chaussures plus robustes que celles qu’il a achetées mercredi, à la veille du dévoilement du budget 2021-2022.

«Est-ce que c’est des bons souliers pour courir en sentier?» a demandé Eric Girard, tout en laçant ses nouvelles espadrilles tout juste sorties de la boîte, sur le trottoir du chemin Sainte-Foy.

«Non! C’est fait pour courir sur route», ont répondu en cœur Jolyane Bérubé et Jimmy Gobeil, propriétaires du Coureur nordique, boutique située à quelques foulées du parlement et devant laquelle s’est tenue la rencontre médiatique.

«Je voulais vous parler de retrouver le sentier de l’équilibre budgétaire, mais ce n’est pas le bon soulier pour courir en sentier. Vous voyez que ce n’est pas scripté!» s’est esclaffé le ministre Girard d’un rire nerveux, en continuant d’enfiler ses Asics noir, gris et blanc, payés de sa poche au coût de 149,99 $ plus taxes.

M. Girard souhaitait surtout souligner l’importance d’encourager les entreprises locales et la résilience dont les PME québécoises font preuve depuis un an, avec la COVID-19.

Le titre du budget dévoilé jeudi, «Un Québec résilient et confiant», reflète cette volonté. Ce sera le troisième budget annuel du gouvernement la Coalition avenir Québec (CAQ) et de son ministre Girard.

Le ministre des Finances Eric Girard en compagnie de Jimmy Gobeil et Jolyane Bérubé, propriétaires du Coureur nordique, boutique située à quelques foulées du parlement et devant laquelle s’est tenue la rencontre médiatique, mercredi.

Cinq ans, le maximum légal

Alors que les partis d’opposition et des groupes de la société civile réclament un retour au déficit zéro plus tard que les cinq années maximales dictées par la loi, ou au moins de considérer la chose, M. Girard a l’air d’y tenir pour l’exercice 2025-2026.

«La loi impose un retour à l’équilibre en cinq ans. La loi est en vigueur», a-t-il commenté, refusant de dire s’il consentirait à modifier cette loi.

«Demain, on donne un cadre financier sur cinq ans et tous les détails seront là. Chaque chose en son temps. Demain, on va donner l’ensemble des précisions pertinentes à ce sujet», s’est-il contenté de dire.

Le ministre Girard ajoute que le retour à l’équilibre budgétaire annuel s’avère «important pour l’équité intergénérationnelle, la capacité à long terme de financer les missions de l’État, la lutte contre les changements climatiques. Alors l’importance de revenir à l’équilibre budgétaire n’a pas changé».

Le déficit pour l’année financière unique qui s’achève s’élèvera à 15 milliards $. Un déficit structurel de 5,5 à 7 milliards $ est aussi à prévoir, selon M. Girard.

125 millions$ aux infrastructures sportives scolaires

Autre tradition de veille de budget, le ministre des Finances a dévoilé en primeur une nouvelle mesure que contiendra son volumineux document.

Une enveloppe de 125 millions $ d’argent frais sera dévolue aux infrastructures sportives scolaires. On pense aux gymnases, terrains synthétiques extérieurs, etc.

Mais même après une année de pandémie historique, le ministre Girard promet «un budget classique». «Santé, éducation, économie», a-t-il énuméré.

M. Girard atteste quand même que «la pandémie a affecté tout le monde, alors on a adapté la planification en cours de route».

Suivre l’exemple des États-Unis

Au Parti libéral du Québec (PLQ), on parle d’un «test de vision».

«La vraie question, c’est : comment est-ce que nous allons faire combler tous les emplois qui manquent?» a questionné la cheffe Dominique Anglade, plus tôt en matinée, faisant de la main-d’œuvre une question centrale de ce budget.

Québec solidaire (QS) souhaite «un plan de vaccination contre l’austérité pour protéger nos services publics».

Le député Vincent Marissal, porte-parole du parti pour tout ce qui touche les finances et l’économie, déplore que le gouvernement «ne semble pas vouloir sortir de son petit cadre comptable qu’il connaît, qu’il veut absolument respecter, notamment en s’obstinant à ramener l’équilibre budgétaire en cinq ans. Ce qui nous mène systématiquement, automatiquement vers une nouvelle ronde d’austérité».

Son vis-à-vis Girard ne souhaitant pas taxer davantage les riches, comme le réclame QS avec sa proposition d’impôt pandémique, M. Marissal s’«avance un peu en pensant que, demain, il n’y aura pas de révolution fiscale au Québec».

Quant au parti québécois (PQ), le chef Paul St-Pierre Plamondon voit dans ce budget «une fenêtre historique où notre économie est à rebâtir et où, au Sud, nos voisins américains sont en train d’investir 2000 milliards $ pour une transition vers une économie verte puis vers la nouvelle économie».

«On doit rebâtir notre économie de toute façon, constate le chef péquiste. Donc, tant qu’à la rebâtir, pourquoi ne pas la rebâtir sur des assises durables et solides, plutôt que de maintenir des vieux modèles des années 80, 90 qui sont complètement dépassés en termes de ce que la croissance économique voudrait vouloir dire? Il faut y aller vers les modèles durables et verts comme les États-Unis le font, en ce moment, sous Joe Biden.»