L'ambassadeur du Canada en France, Lawrence Cannon, s'est mis au piano en voyant le magnifique Steinway qui trône dans la grande salle de l'ambassade, rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris.

Entrevue avec Lawrence Cannon: les pieds en France, le coeur à Québec

Comme le veut la tradition, l'ambassadeur du Canada à Paris, Lawrence Cannon, souligne la fête du Canada le 1er juillet, en offrant une réception. Un collaborateur du Soleil, Carl Thériault, y était et en a profité pour l'interroger sur sa fonction et sur quelques sujets d'actualité. M. Cannon est ambassadeur à Paris depuis deux ans.
Le coeur de l'actuel ambassadeur du Canada en France, Lawrence Cannon, est toujours à Québec. Et il ne s'en cache surtout pas!
Dans une récente entrevue accordée au Soleil depuis sa résidence officielle à Paris, M. Cannon a abordé plusieurs sujets qui ont un lien avec Québec, une région qu'il connaît et qu'il aime, même si elle se trouve à plus de 5000 kilomètres de son actuel lieu de fonction.
Ainsi, M. Cannon n'a pu s'empêcher de parler entre autres sujets du retour éventuel des Nordiques à Québec, lui qui a toujours été un grand partisan de cette équipe. L'ambassadeur a aussi traité des questions économiques et culturelles qui lient les deux pays, de même que de son emploi du temps depuis qu'il représente le Canada à Paris.
L'entrevue au Soleil a eu lieu à la résidence de l'ambassadeur, rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris, le 1er juillet, jour de la fête du Canada. «Quelqu'un a eu l'étrange idée d'amener lors de la réception tenue à la résidence de l'ambassade une réplique de la coupe Stanley, mais avec l'effigie du Canadien de Montréal dessus. J'ai demandé à ce qu'elle soit chassée immédiatement. Si ce n'était pas les Nordiques, cette coupe Stanley n'avait pas sa place à l'ambassade...» a raconté avec humour M. Cannon.
Le Soleil a bien vu passer cette réplique de la coupe Stanley qui a en effet rapidement disparu de la vue des visiteurs. «J'ai fait partie de cette génération qui allait voir les Nordiques alors que nous n'avions pas une grosse équipe. Tranquillement, l'équipe a remonté la pente. Je souhaite ardemment le retour d'une équipe de la LNH à Québec. Comme les Québécois sont très tenaces, je pense qu'on va arriver au bout de ce projet...» a confié M. Cannon, bien connu dans la grande région de Québec pour avoir été député et ministre, puis ministre fédéral, avant d'aller en diplomatie internationale.
Diplomate et... étudiant
À 65 ans, Lawrence Cannon est retourné sur les bancs de l'école. Il suit des cours sur l'histoire de l'art au Musée du Louvre, de géopolitique internationale et de relations internationales dans les grandes institutions, comme l'Université Paris-Sorbonne. «Pourquoi ne pas bénéficier de cette opportunité, car comme individu, on peut toujours grandir», confie l'ex-ministre canadien des Affaires étrangères de 2008 à 2011.
Il y a aussi de ces coïncidences qui ne mentent pas. «À 18 ans déjà, je voulais aller étudier à Aix-en-Provence (sud de la France), alors le lieu en sciences politiques. L'été dernier, je me suis retrouvé à Aix-en-Provence pour donner une conférence avec le cercle des économistes. À 65 ans, j'y étais, même si cela a pris un peu de temps...» a-t-il ajouté.
Le rôle de représentant du Canada à Paris offre l'occasion de quelques sorties culturelles. À cet égard, M. Cannon aime fréquenter les grandes salles de spectacles, dont l'Opéra Bastille conçu par un architecte canadien. Il va aussi entendre l'Orchestre symphonique de Paris.
M. Cannon aime bien la musique. D'ailleurs, il s'est mis au piano en voyant le magnifique Steinway qui occupe une place dans la grande salle de la résidence de l'ambassadeur.
«La première dimension qui m'a frappée en France a été l'immensité culturelle de ce pays. Peu importe où on va, la France est comme un musée à ciel ouvert», dit l'ambassadeur qui salue la collaboration qui existe entre la France, le Canada et la ville de Québec.
«J'ai reçu l'actuel recteur de l'Université Laval, Denis Brière, et les représentants de la Chambre de commerce de même que des dirigeants de Québec International qui font des démarches pour accroître les liens d'affaires», a dit M. Cannon, nommant entre autres l'entreprise Premier Tech, de Rivière-du-Loup qui rayonne à travers le monde.
L'ambassadeur voit d'un bon oeil la possible entrée en vigueur le 1er janvier 2015 d'une entente de libre-échange entre l'Europe et le Canada. Cette entente devrait donner un bon coup de pouce aux entreprises québécoises, croit M. Cannon.
Dieppe
Lawrence Cannon a accompagné le Gouverneur général du Canada, David Lloyd Johnston, qui prenait part aux événements célébrant le 70e anniversaire du raid sur Dieppe. «À Dieppe, nous marchions le long de la grande promenade, près de la plage, pour souligner cet anniversaire et le rôle de l'armée canadienne. Il y avait trois à quatre rangs de Français qui criaient «Vive le Canada, merci, vive le Canada!» a raconté avec émotion M. Cannon.
«Représenter mon pays ici au titre d'ambassadeur du Canada aura été l'un des moments les plus impressionnants que j'ai eu à vivre...» a aussi confié M. Cannon.
Après une carrière politique et diplomatique de plus de 30 ans, le chef de la diplomatie canadienne en France songe à une autre carrière. «Peut-être que j'aurai l'occasion d'être enseignant pour partager mon expérience de vie ayant été en politique municipale, provinciale et fédérale. C'est quelque chose qui m'intéresserait... Nous, quand on était jeunes, on regardait l'Europe, la France. Aujourd'hui, les jeunes regardent la planète...» dit l'ambassadeur en commentant la réalité actuelle.
Engagement politique
Lawrence Cannon a fait carrière en politique municipale à Cap-Rouge et à Gatineau, puis sur la scène provinciale et au niveau fédéral. De 2006 à 2008, M. Cannon a assumé les fonctions de ministre des Transports, des Infrastructures et des Collectivités et ministre responsable du Québec auprès du gouvernement du Canada. Il siégeait alors comme député de la circonscription fédérale de Pontiac de 2006 à 2011. Avant d'entreprendre une carrière en politique fédérale, il a siégé à l'Assemblée nationale de 1985 à 1994, à titre de député libéral de La Peltrie, puis il a été ministre des Communications du Québec de 1990 à 1994.