L'ancienne présidente de la FEUQ Martine Desjardins pourrait briguer un siège sous l'égide du Parti québécois.

Élections provinciales: la course aux candidats est lancée

L'ancienne ministre péquiste Linda Goupil songe très sérieusement à se présenter de nouveau pour le Parti québécois dans la circonscription de Lévis, selon des sources du Soleil.
<p>Un ancien député souverainiste, Michel Guimond, qui a porté les couleurs du Bloc québécois à Ottawa, se présenterait sous la bannière péquiste dans Montmorency, confient des interlocuteurs.</p>
Un autre ancien député souverainiste, Michel Guimond, qui a porté les couleurs du Bloc québécois à Ottawa, se présenterait, lui, sous la bannière péquiste dans Montmorency, confient d'autres interlocuteurs.
À quelques jours du déclenchement d'une nouvelle campagne électorale au Québec, les directions des partis politiques et plusieurs candidats non encore officiellement choisis tentent de nouer des fiançailles confidentielles.
En tête dans les intentions de vote, le Parti québécois détient pour l'heure un avantage sur ce terrain.
Le temps presse pour l'établissement des listes de candidats. Les élections pourraient être déclenchées aussi tôt que le mercredi 5 mars pour un rendez-vous aux urnes le lundi 7 avril. Un autre scénario table sur un scrutin le 14 avril.
D'une seule voix, vendredi, la libérale Lise Thériault et le caquiste Stéphane Le Bouyonnec ont accusé la première ministre Pauline Marois de vouloir «se sauver en élections avant que les Québécois puissent entendre la vérité sur le "deal"» entre le Fonds de solidarité de la FTQ et une entreprise de son conjoint, Claude Blanchet.
Mme Thériault et M. Le Bouyonnec ont dénoncé le refus du gouvernement d'amorcer les préparatifs qui auraient permis de faire «comparaître» Mme Marois et son époux en commission parlementaire dès le 10 mars, et d'ainsi donner suite à une motion adoptée jeudi par les libéraux et les caquistes.
Linda Goupil jauge actuellement ses appuis pour décider si elle se lancera ou pas dans la mêlée.
La circonscription de Lévis est réputée difficile pour le Parti québécois. Linda Goupil y a connu la défaite en 2003 et en 2007.
Depuis septembre 2012, Lévis est aux mains de Christian Dubé, un député vedette de la Coalition avenir Québec.
L'avocate Linda Goupil a représenté la circonscription de 1998 à 2003. Elle a été ministre de la Justice et de la Famille sous les gouvernements de Lucien Bouchard et de Bernard Landry.
Mme Goupil n'a pas rappelé Le Soleil. Son nom avait circulé à la veille des dernières élections générales, mais elle n'avait pas franchi le pas. La haute direction du Parti québécois voudrait pouvoir compter sur elle cette fois.
L'ex-bloquiste Michel Guimond a refusé de confirmer les informations du Soleil selon lesquelles il représenterait le Parti québécois dans Montmorency, à l'est de la capitale. Mais il a pris soin d'éviter de les nier.
«Je ne confirme pas, je ne nie pas», s'est-il borné à répéter. S'il portait les couleurs du Parti québécois, il affronterait Raymond Bernier, de retour dans l'équipe libérale, et la caquiste Michelyne C. Saint-Laurent.
Michel Guimond a été député à la Chambre des communes à Ottawa de 1993 à 2011.
Au Parti québécois
À l'heure actuelle, le Parti québécois (PQ) peut compter sur 60 candidats déclarés. Dans le lot, on retrouve l'ensemble des 54 députés en poste à l'Assemblée nationale, à l'exception d'Irvin Pelletier, dans Rimouski, qui tire sa révérence. Harold Lebel, l'ex-conseiller politique de plusieurs chefs péquistes, est sur les rangs pour lui succéder.
Au PQ, une petite poignée d'investitures ont été tenues. Deux l'ont été dans des circonscriptions détenues par la Coalition avenir Québec. Pierre Paquette, l'ex-député fédéral bloquiste, se présentera contre le chef caquiste François Legault, dans L'Assomption.
Dans la région de Québec, les organisateurs n'ont pas encore avancé de date pour l'assemblée de nomination dans Vanier-Les Rivières. Mais Marc Dean vise de nouveau à décrocher cette investiture.
L'homme d'affaires Clément Laberge a été choisi pour Jean-Talon.
Ailleurs au Québec, l'ex-présidente étudiante Martine Desjardins réfléchit à la possibilité de se lancer dans une circonscription des Laurentides, au nord de Montréal. Si elle l'emportait, elle rejoindrait un autre ancien leader étudiant, Léo Bureau-Blouin, député de Laval-des-Rapides depuis septembre 2012. Tous deux se sont fait connaître pendant la grève du printemps 2012. Le Parti québécois confirme que son trésor de campagne lui permettra de dépenser le maximum autorisé par la loi, soit autour de 8 millions $.
À l'échelle du Québec, la formation revendique 90 000 membres.
Au Parti libéral du Québec
Le Parti libéral du Québec affirme que la «grande majorité» de ses 48 élus à l'Assemblée nationale brigueront de nouveau les suffrages. Les députés Jean-Paul Diamond et Danielle St-Amand font partie des partants.
Vingt-sept autres candidats ont été investis par les militants ces derniers mois.
Le parti affirme avoir reçu «l'expression d'intérêt» de plusieurs partisans de La Pinière désireux de remplacer la dissidente Fatima Houda-Pepin, congédiée le mois dernier en raison de ses positions jugées trop strictes sur la laïcité.
Pour ce qui est de l'arrivée en scène d'une vedette dans le secteur économique, les libéraux assurent que des personnalités sortiront bientôt de l'ombre. Dans la région de la capitale, deux élus ayant mordu la poussière au dernier scrutin face à la Coalition avenir Québec tenteront une nouvelle fois leur chance. Outre Raymond Bernier, dans Montmorency, Patrick Huot courra dans Vanier.
Le député libéral de Limoilou, André Drolet, n'a pas attendu le déclenchement des élections pour lancer la distribution de ses brochures. Il fait face au même adversaire péquiste que la dernière fois, Pierre Châteauvert, directeur de cabinet de la ministre Agnès Maltais.
La formation de Philippe Couillard indique que sa base budgétaire est toujours solide. «Pas de souci» pour atteindre le maximum des dépenses électorales.
Le PLQ affiche 53 000 adhérents.
À la Coalition avenir Québec
La direction de la Coalition avenir Québec a désigné une série de candidats depuis une dizaine de jours. Les assemblées d'investiture n'existent pas chez elle.
Figurent parmi les candidats désignés 17 des 18 députés caquistes siégeant déjà à l'Assemblée nationale. Jacques Duchesneau a annoncé qu'il ne briguera pas les suffrages une nouvelle fois.
Les stratèges de François Legault ont prévu divulguer l'identité d'une dizaine d'autres candidats au cours des prochains jours.
Parmi les personnalités qui seront sur les rangs, un ancien du Bloc québécois : Mario Laframboise. Il s'agira de sa seconde tentative. M. Laframboise a été défait dans Argenteuil en 2012. Il fera campagne dans la circonscription de Blainville cette fois.
Le chef François Legault a fait pression à son retour au Salon bleu pour que soit abaissé le montant maximal des dépenses électorales. Avant la réforme, les partis pouvaient dépenser jusqu'à 11 millions $ pendant les campagnes électorales. La CAQ disposera de 3,5 millions $ pour celle à venir, soit le plafond qu'elle préconisait.
La Coalition avenir Québec a 15 000 membres en règle.
Chez Québec solidaire
Québec solidaire (QS) n'a pas encore réussi à déborder de l'île de Montréal, où se trouvent ses deux seuls députés, Amir Khadir et Françoise David. La formation de gauche a cependant déjà procédé à 80 investitures.
D'ici la fin du mois, les 45 circonscriptions restantes connaîtront l'identité du solidaire dont le nom apparaîtra sur le bulletin de vote.
Conformément à la ligne de parti, il devrait y avoir autant de femmes que d'hommes.
Dans la région de Québec, Marie-Ève Duchesne prend le relais de l'ex-syndicaliste Serge Roy, qui a perdu à trois reprises dans Taschereau.
Dans la métropole, Andrés Fontecilla, coporte-parole de QS avec Mme David, fera la course dans Laurier-Dorion.
Sur le plan logistique, le parti «étrennera» un autobus de campagne électorale, comme les trois autres formations politiques en ont toujours eu.
Les solidaires se plaisent à souligner qu'ils sont sans dette. «Nous avons été capables de dégager 2 millions $», pour le scrutin, «preuve qu'on est des bons gestionnaires», fait-on valoir.
Quelque 12 000 personnes sont membres de la formation de gauche.