L'élue libérale dans Verdun, Isabelle Melançon, a obtenu 36 % des voix. Sa marge victorieuse a fondu de près de 15 % par rapport à l'élection générale de 2014.

Élections partielles: le rouge libéral pâlit

Chacun est parvenu à conserver ses acquis, lundi, lors des quatre élections complémentaires. Mais le rouge libéral a considérablement pâli et, même sans victoire, Québec solidaire a fait une performance remarquable.
Sans surprise, le drapeau du Parti libéral du Québec flotte toujours sur Verdun. Mais la forteresse libérale a rarement été aussi menacée. Contre toute attente, la candidate du PLQ, Isabelle Melançon, a été la dernière à être déclarée gagnante. À 36 %, sa marge victorieuse a fondu de près de 15 % par rapport à l'élection générale de 2014.
Dans deux circonscriptions, Saint-Jérôme (10 %) et Marie-Victorin (12 %), les libéraux n'ont pas obtenu les 15 % nécessaires au remboursement de la moitié de leurs dépenses électorales par le Directeur général des élections (DGEQ). 
Dans son discours de fin de soirée, le premier ministre et chef du PLQ n'a pas insisté sur la baisse du vote libéral. «Ce soir, la composition de l'Assemblée nationale ne change pas, a dit M. Couillard. Nous poursuivons notre travail, le redressement du Québec qui est maintenant bien accompli. [...] On continue le travail, on garde le cap.»
QS fait bonne figure
Québec solidaire est parvenu à obtenir 19 % du vote dans Verdun et 15 % dans Marie-Victorin. De quoi alimenter les discussions sur une alliance stratégique entre les solidaires et les péquistes. 
Il s'agissait du premier test électoral du nouveau chef péquiste, Jean-François Lisée. La circonscription de Marie-Victorin, laissée vacante par la démission de Bernard Drainville, n'était pas son plus grand défi. Les majorités péquistes des dernières élections n'ont jamais fait douter de l'élection de Catherine Fournier. Elle deviendra, à 24 ans, la plus jeune femme à faire son entrée à l'Assemblée nationale, a lancé M. Lisée.
«Le PQ est maintenant clairement le gouvernement en attente pour 2018», a déclaré Mme Fournier dans son discours de victoire.
Son chef Lisée a parlé d'une volonté des Québécois de «tourner la page».
Dans Saint-Jérôme, circonscription laissée vacante par la démission de Pierre Karl Péladeau, la course s'annonçait plus serrée. Le PQ est aussi parvenu à faire élire Marc Bourcier, un conseiller municipal, avec 46 % des votes. 
Présent à la soirée électorale, M. Péladeau a dit avoir eu des sentiments «ambigus» pendant la campagne. «Je n'ai pas souhaité quitter la vie politique, mais je voulais accompagner Marc Bourcier, a dit M. Péladeau sur les ondes de Radio-Canada. J'ai aimé être le député de Saint-Jérôme. Ça a été un honneur.»
Le chef caquiste François Legault n'avait aucune envie de replonger dans les affres de la défaite subie l'an passé, dans Chauveau. La victoire de son candidat Éric Lefebvre, un entrepreneur, a été plus que convaincante avec 45 % des voix. «Le message, c'est que les gens veulent un changement, a jubilé M. Legault sur les ondes de LCN. Toute une défaite pour les libéraux ce soir. Ils se sont écrasés.»
La CAQ n'a pas ménagé ses efforts pour marquer des points politiques et faire sa place dans l'actualité au cours du dernier mois. Les attaques sur le scandale de la SIQ et la lenteur du système de justice se sont multipliées. La campagne publicitaire caquiste sur le thème de l'identité a fait sortir ses adversaires de leurs gonds. M. Legault a aussi accusé le Parti québécois de faire campagne avec de «l'argent sale» parce qu'il n'a pas remboursé toutes les réclamations formulées par le Directeur général des élections. 
La mémoire de la défunte députée indépendante et ex-caquiste Sylvie Roy a plané au-dessus de l'élection dans Arthabaska. Sa soeur, Nathalie, qui avait donné son appui au candidat libéral, a dénoncé publiquement la récupération politique faite selon elle par la CAQ et François Legault du décès de sa soeur pendant la campagne. L'affaire n'a pas eu d'impact sur les résultats dans l'urne.