Le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau, s'est prêté mardi à la tradition d'essayer de nouvelles chaussures en prévision de la présentation de son budget, jeudi.

Élections générales: le 14 avril comme date ultime...

Pas un seul parlementaire ne croit au report des élections générales au-delà du 14 avril. Les chefs des deux principaux partis d'opposition affirment qu'ils ont «hâte, très hâte» d'en découdre avec les adversaires du Parti québécois (PQ) - et, disent-ils, de faire mentir le récent sondage CROP.
Mardi, les élus, toutes couleurs confondues, se sont rabattus derrière la formule selon laquelle le seul coup de sonde qui compte, c'est le scrutin. Ils ont ainsi évité de commenter les résultats publiés par Le Soleil, qui donnent une écrasante avance au PQ auprès des francophones.
Selon CROP, la formation de Pauline Marois aurait raflé 47 % des suffrages chez cet électorat stratégique dans la conquête du pouvoir. Les libéraux n'en auraient retenu que 24 %; les caquistes, 17 %; les solidaires, 8 %...
Philippe Couillard est arrivé tout sourire à sa rencontre avec les journalistes. Vous n'êtes pas inquiet? «Non, non! a répondu le leader du Parti libéral du Québec. Je suis enthousiaste. J'ai hâte d'aller en élections.
«Je me suis retrouvé propulsé 11 ans en arrière, en février 2003, avec la même ambiance, le même type de sondage, la même technique de partir en élection avec un budget sans qu'il ne soit voté», a-t-il poursuivi. À l'époque, CROP donnait le même écart favorable aux péquistes sur les libéraux, ce qui n'avait pas empêché, au scrutin du 14 avril, Jean Charest de devenir premier ministre et M. Couillard, député, a suggéré l'actuel chef libéral.
Le fondateur et meneur de la Coalition avenir Québec (CAQ) y est aussi allé de sa propre anecdote sur les sondages d'avant-scrutin. «Rappelez-vous la dernière campagne, a laissé tomber François Legault. La CAQ est partie à 17 %. Nous avons fini à 27 %. Les sondages, ça change rapidement, surtout entre les campagnes électorales.»
M. Legault a de nouveau déploré que le débat public soit monopolisé par la charte, dont le dernier sursaut dans l'opinion publique s'est cristallisé autour de l'expulsion de Fatima Houda-Pepin du caucus libéral. «À partir de jeudi, avec le dépôt du budget du Québec, et pour les 35 jours de la campagne, nous allons parler de l'état des finances publiques» et des taxes trop élevées, a souhaité le caquiste.
Compter les heures
La première ministre Pauline Marois se garde de confirmer que le déclenchement du scrutin est imminent. Mais les politiques, des deux côtés de la Chambre, sont à compter les heures qui restent pour faire adopter une poignée de lois. Du nombre, le nouveau Code de procédure semble le mieux placé.
Ça risque d'être trop serré pour le projet de législation pour mourir dans la dignité. Le chef libéral a répété qu'il «est hors de question de limiter les droits de parole des députés du PLQ».
La ministre Véronique Hivon a tout de même tenu à se montrer «très confiante» de l'adoption de son projet. Mais elle a mentionné que cela devra se faire d'ici jeudi, ajoutant du poids à l'hypothèse que la Chambre sera dissoute au plus tard, au retour du congé de la relâche scolaire.
Pour Philippe Couillard, c'est l'évidence. «Je vous le dis, vous l'écrivez. Il n'y aura pas de vote sur le budget. Il sera déposé et on partira en élections.»
Le caquiste François Legault n'a pas avancé une date. Mais il a promis que «je vais mener la bataille de ma vie pendant 35 jours». Lorsqu'il a fondé la CAQ, M. Legault avait indiqué qu'il revenait en politique pour dix ans. Il maintient cet horizon, même s'il n'exclut pas une défaite, lors du prochain scrutin. «D'une façon ou d'une autre, comme chef ou pas comme chef, je vais essayer pendant dix ans à tenter de convaincre les Québécois qu'on a besoin d'un virage» dans les finances publiques.