Les candidats des quatre partis représentés à l’Assemblée nationale à l’élection provinciale, Gertrude Bourdon, Olivier Bolduc, Joëlle Boutin et Sylvain Barrette, devaient se prononcer sur quatre thèmes : la mobilité, les institutions démocratiques, la santé psychologique et la précarité financière des étudiants.

Élection partielle dans Jean-Talon: un débat sans vainqueur

Les candidats à l’élection partielle dans Jean-Talon ont croisé le fer mardi soir, lors d’un débat organisé par la Confédération des associations d’étudiants et d’étudiantes de l’Université Laval (CADEUL) qui n’aura pas fait de vainqueur. À part des divergences sur le troisième lien et la gratuité scolaire, les échanges ont été dans l’ensemble consensuels.

Les représentants des quatre partis représentés à l’Assemblée nationale à l’élection provinciale, Gertrude Bourdon (Parti libéral du Québec; PLQ), Joëlle Boutin (Coalition avenir Québec; CAQ), Olivier Bolduc (Québec solidaire; QS) et Sylvain Barrette (parti québécois; PQ) devaient se prononcer sur quatre thèmes : la mobilité, les institutions démocratiques, la santé psychologique et la précarité financière des étudiants.

Devant une centaine de personnes, dont quelques étudiants, des résidents de Jean-Talon et des militants, les candidats ont commencé le débat en parlant du sujet de l’heure à Québec, la mobilité. Et comme en 2018, le troisième lien est très vite arrivé dans le décor. On le sait, Québec solidaire et le Parti québécois rejettent complètement cette possibilité pour réduire la congestion automobile. Les deux partis prônent un «meilleur transport en commun» ainsi que le transport actif. 

La salve la plus savoureuse de ce début de débat est arrivée du côté du Parti libéral avec une Gertrude Bourdon très offensive sur l’électrification du transport : «Il ne faut pas regarder le troisième lien comme le dinosaure, mais comme le futur. Ça va aussi servir pour le transport en commun», a-t-elle lancé à ses adversaires opposés au troisième lien. 

Joëlle Boutin a quant à elle défendu le choix de la CAQ d’aller de l’avant avec ce projet en rappelant que les solutions pour réduire le trafic devront «s’intégrer dans un plan d’interconnexion entre les deux rives ainsi qu’avec les banlieues».

Baisser le prix des loyers 

L’autre point, où les candidats se sont un peu chicanés durant cette soirée, concernait la gratuité scolaire. Québec solidaire souhaite que le Québec fasse la même chose que dans certains pays européens en rendant gratuites les études universitaires. «Il faut voir ça comme un investissement et non comme une dépense», a fait valoir M. Bolduc. 

Selon le candidat de Québec solidaire, la gratuité scolaire coûterait 2,45 milliards $ par année au Québec. Une pacotille selon M. Bolduc dans un budget total de 100 milliards $. Mais un chiffre qui a fait froncer les sourcils de Mme Boutin. La candidate de la CAQ a rappelé que l’éducation est la priorité numéro du premier ministre, François Legault, mais celle-ci trouve que la gratuité scolaire «coûterait trop cher» aux Québécois. 

Cependant, Mme Boutin reconnaît que les frais de scolarité peuvent être un poids pour les étudiants. Elle a révélé qu’elle-même, à 40 ans, n’a pas fini de payer ses études. Mme Boutin a affirmé qu’il y avait des discussions entre le gouvernement et les associations étudiantes pour revoir l’aide financière aux études. 

Sylvain Barrette du PQ a pour sa part mentionné que les étudiants sont obligés de travailler de plus en plus pour payer toutes leurs dépenses. Cette charge, en plus de leurs études, entraîne une détresse psychologique encore plus grande.

Les candidats se sont par contre entendus sur le fait que trop d’étudiants vivaient une détresse psychologique en partie à cause de la précarité financière. L’une des solutions amenée par Gertrude Bourdon et appuyée par les autres candidats, réduire la dépense du loyer. 

Selon une étude menée par les associations étudiantes de l’Université Laval, plus du tiers des étudiants dépensent plus de 50 % de leur budget dans le logement. Pour Mme Bourdon, il faut des logements abordables pour les étudiants en créant des ententes avec les propriétaires. 

Les candidats ont également répondu à quelques questions du public comme la bourse du carbone et le programme de l’expérience québécoise, mais sans pouvoir s’interpeller entre eux lors des réponses.

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UN ÉLECTEUR SUR CINQ A VOTÉ PAR ANTICIPATION

Un électeur sur cinq de la circonscription de Jean-Talon, a déjà voté lors des deux journées de vote par anticipation en vue de l’élection partielle provinciale du 2 décembre, dans six jours.

Dimanche et lundi, 20,28 % des quelque 47 000 électeurs du secteur couvrant Sainte-Foy et Sillery ont fait leur choix et ont rempli leur bulletin. La première journée, le taux de participation a été de 12,29 % et la seconde, de 7,99 %.

Taux élevé

Un taux élevé de participation au vote par anticipation, considérant que cette présence hâtive des électeurs avait été de 10,22 % lors de la précédente partielle provinciale, dans Roberval, il y a un an, et de 14,96 % pour la partielle d’il y a deux ans, dans Louis-Hébert, circonscription voisine de Jean-Talon.

Aux élections générales provinciales de l’an dernier, les électeurs de Jean-Talon, reconnus pour affectionner le vote par anticipation, étaient sortis à 24,34 % la semaine précédant le vote officiel. Ancien ministre et député réélu en octobre 2018, le libéral Sébastien Proulx a démissionné fin août.

La journée du vote officiel se tient lundi prochain, de 9h30 à 20h.  Olivier Bossé