«Jo-ëlle! Jo-ëlle! Jo-ëlle!» ont scandé les membres du caucus de la Coalition avenir Québec, à l’entrée dans le Salon rouge de la nouvelle députée dans Jean-Talon, Joëlle Boutin, en début d’après-midi mardi. Elle s’y est présentée accompagnée du premier ministre et chef du parti, François Legault.

Élection de Joëlle Boutin dans Jean-Talon: un cadeau de fin d’année [VIDÉO]

Au lendemain de son élection comme députée de la circonscription de Jean-Talon, à Québec, l’ancienne pilote d’avion Joëlle Boutin a atterri au parlement, mardi.

«Jo-ëlle! Jo-ëlle! Jo-ëlle!» ont scandé les membres du caucus de la Coalition avenir Québec (CAQ), à l’entrée dans le Salon rouge de leur nouvelle collègue et 76e députée caquiste, en début d’après-midi mardi. Mme Boutin s’y est présentée accompagnée du premier ministre et chef du parti, François Legault.

Permettant un rare accès aux médias à cette réunion quotidienne de leur députation, les caquistes n’ont pas ménagé les acclamations. «Quelle belle façon de finir l’année 2019! Grâce à toi, Joëlle, je vois 75 autres personnes qui ont de l’énergie pour continuer toute l’année 2020 avec toi», a clamé un capitaine Legault triomphant devant son équipe.

«Ce n’est pas grâce à moi, c’est grâce à nous!» a rectifié la nouvelle députée, prenant la parole pour remercier ses nouveaux collègues de tous les efforts déployés durant la campagne.

«Pour moi, la politique est un sport d’équipe», a souligné Mme Boutin, en toute humilité, après avoir reçu l’accolade de plusieurs élus. Parmi lesquels le ministre Éric Caire, dont elle était la directrice de cabinet, et la vice-première ministre Geneviève Guilbault, gagnante comme elle d’une partielle à Québec (Louis-Hébert), il y a deux ans.

M. Legault a d’ailleurs rappelé l’importance de «rester humble», quelques minutes plus tard, en mêlée de presse. «Les gens de Jean-Talon ont donné leur confiance à Joëlle et à la CAQ [à plus de 43 % ]. C’est un signe de confiance envers les décisions prises depuis un an. Mais c’est très fragile, la confiance des citoyens. Il faut la gagner chaque jour et rester humble. Et je vais continuer de le répéter à mes ministres et à mes députés», a-t-il assuré.

Joëlle Boutin sera assermentée dans les prochains jours, mais ne devrait pas siéger au Salon bleu de l’Assemblée nationale avant le retour des travaux parlementaires, début février.

Écouter plus

Du côté de l’opposition, les trois partis pansent leurs plaies. Outre les libéraux (25 %), qui perdaient pour la première fois en 18 élections et 53 ans d’existence de ce comté, solidaires (17 %) et péquistes (9,3 %) ont aussi encaissé une baisse par rapport aux suffrages exprimés au même endroit 14 mois plus tôt, aux élections générales.

Le chef intérimaire du Parti libéral estime qu’après avoir perdu cette dernière circonscription rouge à l’est de Montréal, le temps est venu d’écouter les citoyens. Il s’est dit par contre toujours convaincu de l’«excellent choix» de candidate, Gertrude Bourdon ayant «fait une campagne sans faute», selon lui.

«On n’a pas écouté assez les gens. Clairement, c’est l’une des erreurs qu’on a faites. Maintenant, il faut les écouter et s’assurer de répondre à leurs besoins», analyse Pierre Arcand, ajoutant que la façon de «reconquérir ce vote» des francophones s’avère de proposer «des choses qui vont nous aider dans les régions».

Troisième lien

Chez Québec solidaire, outre la participation des jeunes trop faible, on regrette de ne «pas avoir réussi à faire du troisième lien l’enjeu de l’urne dans Jean-Talon. C’est ce qu’on a tenté de faire et on n’y est pas arrivé», a constaté le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois, soulignant que 43 % pour la CAQ ne constitue «pas un consensus pour le troisième lien».

Quant au Parti québécois, Pascal Bérubé avait beau porter mardi sa cravate offerte par Régis Labeaume et brodée du bateau des armoiries de la Ville de Québec, le parti qu’il dirige par intérim a davantage pris l’eau qu’autre chose, lundi.

«Les Québécois voulaient se débarrasser des libéraux depuis un bon bout de temps et ils ont vu qu’il en restait encore un dans Jean-Talon, alors ils n’ont pas pris de chance! On savait que ce serait difficile pour nous, c’est une élection partielle qu’on n’a pas choisie. La vie continue», a résumé M. Bérubé.

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