François Paradis interpelle tous les groupes parlementaires afin de débattre rapidement de la possibilité d'étendre l'aide médicale à mourir aux patients atteints de maladies dégénératives du cerveau, dont l'Alzheimer.

Élargir l'aide médicale à mourir: la CAQ réclame un dialogue

Le député caquiste François Paradis souhaite qu'une commission parlementaire de l'Assemblée nationale commence à se pencher aussi tôt que ce printemps sur la possibilité d'élargir l'aide médicale à mourir à des personnes atteintes d'une démence causée par une maladie dégénérative du cerveau, comme l'Alzheimer.
Le 23 février, lui et son collègue François Bonnardel avaient lancé l'idée que l'Assemblée nationale entame une réflexion sur ce délicat sujet.
Aujourd'hui, M. Paradis ne veut pas qu'elle reste en l'air. Il prendra contact cette semaine avec le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, et la péquiste Véronique Hivon.
Le député de Lévis pense que les parlementaires pourraient confier un mandat spécial à la Commission de la santé et des services sociaux de l'Assemblée nationale. Il a déjà envoyé une demande en ce sens au secrétariat de la commission.
Il croit que les choses ne doivent pas traîner. «Le Québec est prêt à aborder» la possibilité d'élargir l'aide médicale à mourir à des personnes atteintes d'une démence causée par une maladie dégénérative du cerveau, insiste-t-il. Avec ses vis-à-vis des autres groupes parlementaires, il verra «comment eux voient les choses et quelle forme la réflexion à mener pourra prendre».
«Moins on attend, mieux c'est», affirme François Paradis pour expliquer son souhait que l'exercice soit lancé «avant la fin de la présente session parlementaire» - qui se termine à la mi-juin. Ce forum parlementaire pourrait ensuite courir sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois. S'il était lancé en mai ou en juin, il reprendrait vraisemblablement l'automne prochain.
La commission parlementaire à laquelle il songe entendrait différents groupes de la société. Son travail permettrait de déterminer des propositions à soumettre au gouvernement concernant le type et le degré d'ouverture à consentir. Puisque rien n'est écrit d'avance, il est aussi possible que la conclusion soit que le statu quo doit prévaloir.
Le mois dernier, dans la foulée de la sortie des caquistes Paradis et Bonnardel, le ministre Gaétan Barrette, la péquiste Véronique Hivon et le solidaire Amir Khadir avaient estimé que la discussion pouvait et devait se tenir.
Directives anticipées
La loi sur les soins de fin de vie adoptée en juin 2014 représente «le plus petit dénominateur commun sociétal qui existait à ce moment-là», avait déclaré M. Barrette. «Conséquemment, il est possible qu'il soit aujourd'hui plus grand», avait-il ajouté.
La loi actuelle stipule que l'aide médicale à mourir ne peut être accordée qu'à une personne en fin de vie, c'est-à-dire atteinte d'une maladie qui la condamne à court terme, et dont les souffrances ne peuvent être apaisées. Et qui la réclame elle-même, c'est important de le préciser. Elle doit donc être lucide.
Actuellement, un citoyen peut, à travers des «directives médicales anticipées», refuser tout éventuel acharnement thérapeutique. Mais il ne peut pas s'en servir pour qu'on l'aide un jour lointain à mourir s'il devait plonger dans un état avancé d'une maladie dégénérative du cerveau. En commission parlementaire, les discussions porteraient probablement beaucoup sur ces directives médicales anticipées.
Selon la Société Alzheimer de Québec, près de 125 000 Québécois vivent avec l'Alzheimer ou une maladie apparentée.