Éric Duhaime a annoncé sa candidature à la chefferie du Parti conservateur du Québec (PCQ), dimanche soir.
Éric Duhaime a annoncé sa candidature à la chefferie du Parti conservateur du Québec (PCQ), dimanche soir.

Duhaime dit faire le saut en politique car il en a «assez» de la CAQ

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
Éric Duhaime a annoncé sa candidature à la chefferie du Parti conservateur du Québec (PCQ), dimanche soir. «Je saute dans le ring politique pour dire notre façon de penser au gouvernement en place.»

«J’ai entendu votre appel. J’y vais, je serai candidat à la chefferie du PCQ», a-t-il lancé. L’animateur de radio, chroniqueur et ancien conseiller politique a annoncé en direct sur sa page Facebook qu’il refera le saut en politique active.

Dans une allocution d’une quinzaine de minutes, Duhaime a expliqué les raisons qui l’ont poussé à d’engager dans la course à la chefferie du Parti conservateur du Québec. Au premier plan, la gestion de la crise sanitaire au Québec.

«Si vous m’aviez approché en 2019 pour que je replonge en politique active, je vous aurais dit merci, mais non merci. Mais 2020, ce n’est pas une année normale. Je considère qu’il est de notre devoir de faire l’impossible pour sortir de l’extrémisme sanitaire dans lequel la Coalition avenir Québec nous enfonce depuis maintenant presque neuf mois», a-t-il énoncé devant une bannière de fond lettrée à son nom et aux couleurs du PCQ.

Bien connu des rangs conservateurs dans la capitale, Éric Duhaime se fait très critique des mesures sanitaires actuelles imposées par le gouvernement du Québec depuis le début de la pandémie de COVID-19. Il a entre autres coorganisé une marche à Québec contre le port du masque pour les jeunes, le 23 août dernier.

Dans son discours, le résident de Québec a aussi laissé savoir qu’il a voté pour la CAQ lors des trois dernières élections au Québec. «Je n’ai jamais autant regretté mon vote.»

Contre les «excès» de l’action sanitaire

«Assez, c’est assez», a-t-il répété à maintes reprises. «Notre seule porte de sortie, ça va être les prochaines élections.» Il a encouragé les quelque 3000 auditeurs de son annonce à appuyer sa candidature et à s’engager auprès du Parti conservateur du Québec. Il prévoit plaider pour une approche sanitaire qu’il veut «beaucoup plus ciblée, moins restrictive et plus respectueuse des droits et libertés». Ce sera sa priorité.

Celui qui souhaite succéder à Adrien Pouliot, qui dirigeait la formation de droite depuis 2013, a aussi mentionné la réforme du système de santé comme l’un de ses chevaux de bataille s’il est élu chef du parti, la défense et la promotion de la nation québécoise aussi.  

Le poste de chef du PCQ était à combler depuis qu’Adrien Pouliot, avait annoncé son départ en octobre dernier. Dans la circonscription de Chauveau, Pouliot avait récolté 8,6 % des votes, dans une bataille remportée par le caquiste Sylvain Lévesque à la dernière élection générale de 2018.

Malgré la piètre performance du PCQ alors qu’il n’avait rallié qu’un maigre 1,46% des voix lors de l’élection provinciale il y a deux ans, le chroniqueur politique a expliqué sa volonté de s’impliquer dans ce qu’il a appelé un «tiers parti» et non dans un parti d’opposition officielle. «Les trois partis font partie du problème, pas de la solution», a dénoncé Duhaime.

Sa candidature a été appuyée par le sénateur Leo Housakos. «Son entrée dans l'arène politique apportera de nouvelles idées fondées sur des principes et non sur du clientélisme. Ce serait un vent de changement bien accueilli et raviverait les idées conservatrices au Québec», pouvait-on lire dans un tweet publié dimanche.

Par ailleurs, pour s’attirer la sympathie de potentiels électeurs à l’écoute, celui qui gravitait dans les médias depuis une dizaine d’années a misé sur sa «sincérité». «Je suis loin d’être parfait, mais je suis sincère. J’ai toujours dit ce que je pensais et j’ai toujours pensé ce que je disais.»

Le 3 juillet dernier, il quittait les ondes du FM93 comme animateur de l’émission Duhaime le midi, après plus de cinq ans au micro. Lassé, il avait annoncé son départ, blâmant les changements successifs apportés à son équipe au fil des ans.

En 2017, l’auteur révélait son homosexualité dans La fin de l’homosexualité et le dernier gay. Dans une décision «mûrie» en compagnie de son conjoint, il s’est dit confiant que «les électeurs vont me juger sur mes propositions, pas sur mes orientations sexuelles.»

L’homme de 51 ans, qui est aussi le cofondateur du Réseau liberté Québec, un mouvement conservateur prônant la droite économique, s’était déjà impliqué en politique dans le passé.

Notamment, aux élections provinciales de 2003, il s’était présenté comme candidat de l’Action démocratique du Québec (ADQ) dans la circonscription de Deux-Montagnes. Il avait alors dû se contenter de la troisième place, n’ayant amassé que 21,7% des voix.

La présente course à la chefferie du Parti conservateur du Québec doit se poursuivre jusqu’au 17 décembre, date limite pour poser sa candidature.