Bernard Drainville

Drainville voit le dogmatisme de Couillard dans le départ de Houda-Pepin

Pour Bernard Drainville, le départ de Fatima Houda-Pepin des rangs du Parti libéral du Québec (PLQ) reflète le dogmatisme de Philippe Couillard, chef d'un parti «déconnecté des valeurs québécoises».
«C'est dommage», a commenté, mardi matin, le ministre parrainant le projet de loi sur la Charte de la laïcité. «Mme Houda-Pepin a essayé de faire évoluer le Parti libéral [du Québec]. Et le Parti libéral et M. Philippe Couillard lui ont dit non.»
En point de presse, avant le début d'une nouvelle séance de la commission parlementaire sur la Charte, M. Drainville a accusé les libéraux de Philippe Couillard d'être coupés des «valeurs québécoises.
«Ce que je comprends, c'est que Mme Houda-Pepin voulait interdire les signes religieux pour les policiers, les juges, les agents de prison et que M. Couillard et le Parti libéral ne veulent interdire quoi que ce soit.» Si les libéraux refusent toute interdiction d'arborer des signes religieux «pour les juges et les agents de détention, je pense qu'ils sont totalement déconnectés».
Les libéraux campent sur cette position, a lancé le député-ministre de Marie-Victorin, parce qu'ils «font la preuve qu'ils ne sont pas capables, pas capables génétiquement, de défendre et d'affirmer les valeurs québécoises».
Le critique libéral et député de Lafontaine a bondi en entendant ce commentaire du ministre. «Vous m'apprenez que M. Drainville a pris le monopole des valeurs québécoises», a répliqué Marc Tanguay.
«Pour lui, c'est ma solution, sinon ça ne fonctionne pas. Et on sait tous, c'est écrit dans le ciel, qu'il veut partir en élections sur ça», a-t-il lancé avant le dévoilement de la position définitive de sa formation sur la Charte.
Nathalie Roy, de la Coalition avenir Québec (CAQ), s'est dite «triste» que Mme Houda-Pepin se soit sentie obligée de quitter son parti. Mme Roy a suggéré que les libéraux ont couru après.
«Tout le débat sur la Charte, ça fait cinq mois qu'on sait où se situent le Parti québécois et la CAQ. Mais on ne sait pas où se situe le Parti libéral du Québec. Les libéraux ont un sérieux problème de leadership.»
Bernard Drainville et Nathalie Roy se sont prudemment abstenus d'avancer que leur formation politique respective tendrait une perche vers la démissionnaire du PLQ.
M. Drainville a soutenu avoir «à maints égards récupéré son expertise» en matière de lutte contre l'intégrisme. Mme Roy a rappelé que Fatima Houda-Pepin est partie en réitérant qu'elle est libérale.
Pour Québec solidaire (QS), il faut surtout retenir «l'intransigeance» manifestée par Philippe Couillard face à Mme Houda-Pepin. En fait, a commenté Françoise David, «dans le petit psychodrame actuel, je renvoie dos à dos le chef libéral et le ministre Drainville». Même «intransigeance», même «inflexibilité» pour leurs positions diamétrales opposées sur la Charte, figées avant même d'avoir terminé les consultations, estime QS.
La meilleure recette pour perdre les élections...
«M. [Philippe] Couillard, il pense qu'il va régler ses problèmes avec cette position. Ses problèmes commencent», a sèchement prédit Fatima Houda-Pepin, dans une entrevue accordée à Radio-Canada. «C'est la meilleure recette pour la perte de la prochaine élection», a poursuivi la députée au sujet des balises que la formation politique, dont elle vient d'être expulsée, s'est données, mardi, sur la Charte de la laïcité et particulièrement sur le port de signes religieux.