La députée libérale Dominique Anglade, d’origine haïtienne, a raconté comment elle avait appris la mort de ses parents qui étaient en visite dans ce pays des Antilles, ce 12 janvier 2010. Sans nouvelles depuis 24 heures, c’est finalement sa soeur qui arrive à l’appeler.
La députée libérale Dominique Anglade, d’origine haïtienne, a raconté comment elle avait appris la mort de ses parents qui étaient en visite dans ce pays des Antilles, ce 12 janvier 2010. Sans nouvelles depuis 24 heures, c’est finalement sa soeur qui arrive à l’appeler.

Dominique Anglade émouvante pour les 10 ans du séisme en Haïti [VIDÉO]

«Je suis assise quand je reçois un appel de ma sœur, et ma sœur me dit... En fait, elle est incapable de me dire qui est décédé, elle est seulement capable de me dire qui est vivant. Elle me dit, untel a survécu, untel a survécu. Et je dis : “Papa et maman?” C’est à ce moment-là que je comprends que j’ai perdu, d’un coup, mon père, ma mère, mon oncle et mon cousin.»

Rare moment d’émotion jeudi au Salon bleu de l’Assemblée nationale, lors d’une motion sur la commémoration prochaine des 10 ans du séisme en Haïti. Le 12 janvier 2010, un terrible tremblement de terre a fait plus de 200 000 morts et des centaines de milliers de blessés dans la capitale Port-au-Prince et ses environs.

En déposant une résolution parlementaire, l’ancienne ministre et députée libérale Dominique Anglade a raconté son histoire en chambre. En visite dans leur pays natal, Georges Anglade et Mireille Neptune ont péri dans l’un des séismes les plus meurtriers de l’histoire de l’humanité.

C’est aussi «l’histoire de centaines de milliers de personnes, cette journée-là», a poursuivi Mme Anglade, après avoir essuyé quelques larmes, tout comme plusieurs de ses collègues députés.

«Quand je suis assise, je me dis : “Je ne sais pas comment je vais trouver la force pour me relever”. Je décide de parler à ma tante, qui vient de perdre son fils. Et ma tante me dit : “Dominique, nos morts sont morts, il va falloir qu’on les enterre. Par contre, on peut faire encore beaucoup pour les vivants”.

«Et c’est là que je prends tout le courage et la force de dire qu’on n’a pas le droit de se laisser abattre, qu’il faut vivre nos peines, qu’on est capables d’aller plus loin et de se tenir debout pour ceux qui en ont encore besoin.»

Son intervention de deux minutes a beaucoup ému les élus québécois. Les ministres du gouvernement caquiste Nadine Girault et Lionel Carmant, aussi d’origine haïtienne, ont même traversé l’enceinte des débats pour aller lui faire une accolade bien sentie.

Plus que les 35 secondes funestes de ce début d’année 2010, Mme Anglade tenait aussi à souligner «la mise sur pied d’un programme spécial de parrainage destiné aux membres des familles gravement et personnellement affectées par le séisme, programme qui a permis à plus de 5000 personnes de refaire leur vie au Québec».

Ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Mme Girault a de son côté réitéré les liens tissés serrés entre Haïti et le Québec, fort d’une communauté haïtienne de 143 000 personnes. 

«Ce drame a été aussi québécois. Plusieurs de nos concitoyennes et concitoyens y sont décédés. Un deuil québécois aussi», a-t-elle affirmé, soulignant le décès dans le cataclysme de l’ancien parlementaire Serge Marcil.

Devoir de se souvenir

«Face à une catastrophe de cette importance, nous avons le devoir de nous souvenir. C’est au nom du gouvernement que je m’associe aujourd’hui avec tout mon cœur, tous mes sentiments et mes larmes, à cette commémoration. Malgré le temps qui passe, la douleur n’est jamais moindre. Cela dit, la meilleure des réactions dans ces circonstances est pourtant de continuer à démontrer notre solidarité sans faille avec le peuple haïtien et ses nombreux défis», a conclu Mme Girault.

Catherine Dorion, qui prenait la parole «très humblement» pour Québec solidaire, a rappelé qu’«en accueillant au Québec 8400 personnes d’origine haïtienne après le séisme, on a encore une fois fait la preuve que notre réputation de peuple accueillant n’était pas surfaite».

Mais Mme Dorion insiste sur l’importance de continuer à «accueillir à bras ouverts ceux qui en ont besoin [...] et prendre nos responsabilités face au reste du monde pour éviter d’autres catastrophes annoncées qui vont produire d’autres malheurs évitables».

Le député péquiste Joël Arseneau a aussi exprimé tout son soutien au peuple haïtien encore accablé. «Votre pays a été meurtri, mais il n’est certainement pas vaincu. Votre avenir est plein de promesses. Vous avez trop à offrir au monde pour que votre voix se taise», a terminé l’élu des Îles-de-la-Madeleine, un insulaire comme les Haïtiens.

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LE PLQ JOUIT D'UNE IMAGE POSITIVE, SELON PIERRE ARCAND

Le Parti libéral du Québec (PLQ) jouit d’une image positive dans l’opinion publique, a conclu le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand, jeudi, au bilan de la session parlementaire de sa formation.

Encore secoué par la défaite historique aux mains des caquistes dans son bastion de Jean-Talon lundi, le parti estime néanmoins qu’il jouit d’une perception favorable dans la population. Selon M. Arcand, elle tient notamment au bilan des gouvernements libéraux en matière de gestion et redressement de l’économie.

«On n’a pas une mauvaise image, on a une image positive, je pense, a-t-il déclaré en conférence de presse jeudi matin. Les Québécois voient en nous des gens qui sommes, lorsqu’entre autres l’économie est en difficulté, de bons gestionnaires.»

Selon lui, c’est un «point extrêmement positif». M. Arcand a dit fonder sa perception sur la campagne qu’il a faite sur le terrain pendant la complémentaire de Jean-Talon.

Les surplus budgétaires abondants, la bonne performance de l’économie québécoise, ainsi que la situation sociale stable expliquent pourquoi les critiques de l’opposition ne semblent pas faire mouche et la cote du gouvernement Legault est encore si bonne après un peu plus d’un an, a évalué le chef intérimaire. «Ça bénéficie évidemment au gouvernement actuel. [...] Puis ça s’est reflété dans le vote dans Jean-Talon cette semaine.»

M. Arcand a reconnu que le PLQ devait travailler pour être «encore plus près des Québécois» et défendre la nation québécoise.

Rappelons que, lundi soir, la CAQ a mis fin à plus de 50 ans de règne ininterrompu des libéraux dans Jean-Talon. La candidate libérale Gertrude Bourdon a terminé deuxième, avec 25 %, tandis que la caquiste Joëlle Boutin a raflé 43 % des suffrages. La Presse canadienne