Stephen Harper s'apprêtait à prendre part lundi matin à une séance de questions et de réponses avec Iain Black, président-directeur général de la Chambre de commerce de Vancouver, lorsque deux manifestants sont montés sur la scène.

Deux activistes montent sur scène pendant une allocution de Harper

Des manifestants ont réussi lundi matin à percer la zone de sécurité créée autour du premier ministre par les agents de la Gendarmerie royale du Canada.
Stephen Harper venait d'amorcer une séance de questions et de réponses avec Iain Black, président-directeur général de la Chambre de commerce de Vancouver, lorsque deux manifestants arborant des petites affiches sont montés sur la scène derrière le premier ministre.
Sur l'une de ces affiches, la phrase «Conservatives Take Climate Change Seriously» («Les conservateurs prennent au sérieux les changements climatiques») avait été biffée. Sur l'autre, on pouvait lire: «Climate Justice Now».
M. Black a demandé que ces gens soient écartés de la scène. Les deux manifestants ont effectivement été escortés hors de la scène et de la salle sans heurts; l'un d'entre eux a quand même été poussé violemment en bas de la scène par un garde du corps du premier ministre.
Un groupe qui se présente comme un collectif d'organisations environnementales et d'autres mouvements a ensuite transmis un communiqué indiquant que les deux manifestants ont été en mesure de passer outre la surveillance policière pour perturber l'événement avec le premier ministre.
M. Harper, qui est resté imperturbable pendant l'intervention, a ensuite lancé qu'un événement en Colombie-Britannique n'aurait pas été complet sans un geste de protestation de cette nature, suscitant des applaudissements et des rires chez les gens d'affaires présents dans la salle.
«Un bienvenu chaleureux de la Colombie-Britannique», a ajouté M. Black, alors que le premier ministre souriait et ricanait de la chose.
Oléoduc et autochtones
M. Harper a ensuite répondu à plusieurs questions de M. Black sur des enjeux allant du projet d'oléoduc Northern Gateway à l'état de l'économie canadienne.
Le premier ministre a affirmé que la demande énergétique mondiale démontre qu'il est dans l'intérêt du Canada de diversifier son marché de l'énergie, mais que le gouvernement n'approuvera que des projets qui offriront des avantages économiques pour le pays et respecteront des critères élevés de protection de l'environnement.
«Dans tous les cas, qu'il s'agisse d'énergie ou de projets miniers, le gouvernement a toujours suivi les avis des meilleurs scientifiques», a-t-il fait valoir.
Le mois dernier, un comité conjoint d'évaluation, créé par l'Office national de l'énergie et le ministère fédéral de l'Environnement, a recommandé que le projet d'oléoduc Northern Gateway aille de l'avant, mais en recommandant à Ottawa d'imposer plus de 200 conditions au promoteur.
M. Harper a refusé d'en dire plus sur l'oléoduc de plusieurs milliards de dollars, faisant valoir que le rapport du comité conjoint est actuellement à l'étude par le cabinet, qui aura le dernier mot dans ce dossier.
Le dirigeant de la Chambre de commerce de Vancouver a aussi questionné M. Harper sur les défis posés par les droits traditionnels prévus par les traités des Premières Nations sur le développement des ressources naturelles.
«J'encourage les leaders autochtones à étudier cela pas seulement en tant qu'opportunités de revenus constants, mais aussi d'opportunités de faire travailler des gens sur ces projets, de permettre à des entreprises autochtones de fournir des services», a affirmé M. Harper.
Le premier ministre a par ailleurs dit s'attendre à ce que le Canada soit encore affecté par l'incertitude d'autres économies à travers le monde, mais a ajouté être plus optimiste cette année qu'il a pu l'être par le passé. Il a dit percevoir de «réelles preuves de croissance» aux États-Unis.