Détection des propos haineux: les maires ont un rôle à jouer

Les maires et mairesses du Québec ont un grand rôle à jouer dans la dénonciation d'actes haineux et racistes, estime le président de l'Union des municipalités du Québec, Bernard Sévigny.
«Les élus sont les porte-voix des communautés et notre responsabilité est de dénoncer des actes comme ceux-là et inviter au dialogue», a commenté le maire de Sherbrooke jeudi, quatre jours après l'attentat qui a fait six morts et plusieurs blessés à la mosquée de Sainte-Foy dimanche soir.
Aucune municipalité, même petite, dit-il, n'est à l'abri de geste haineux envers une communauté comme celui, fatal, du Centre culturel islamique de Québec, présumément l'oeuvre du tireur Alexandre Bissonnette, 27 ans. 
«Il faut se parler de façon à détecter ces comportements-là. On parle souvent de tolérance, mais un maire ne "tolère" pas ses citoyens, il les respecte. Qu'ils soient d'origine algérienne ou québécoise», a-t-il illustré.
«Dans toutes les municipalités du Québec, c'est notre responsabilité et on va continuer à le faire», a ajouté M. Sévigny, dont la ville a aussi été le théâtre de gestes islamophobes.
En 2014, une boucherie sherbrookoise tenue par un commerçant d'origine tunisienne avait été la cible de vandales et on y avait retrouvé une affiche avec l'inscription «Non à l'islam». 
«Ça peut arriver n'importe où. À Sherbrooke, à Roberval», a poursuivi M. Sévigny accompagné de plusieurs maires dont celui de Saint-Félicien, Gilles Potvin.
Il cite la mise en place, il y a une douzaine d'années, du programme Portes ouvertes sur le Lac, visant à créer des liens entre la population locale et les nouveaux arrivants, essentiels à la région, notamment sur le plan de la main-d'oeuvre, dit-il. «On a un déficit démocratique important au Saguenay-Lac-Saint-Jean et avec le taux de natalité déficient qu'on connaît, c'est l'immigration qui va nous aider. On multiplie les rencontres et ça change l'état d'esprit des communautés. Chez nous, c'est essentiel.»