Selon le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, si le gouvernement fédéral ne corrige pas le tir en matière de transferts en santé, celui-ci cristallisera l'existence d'un déséquilibre fiscal.

Déséquilibre fiscal: Leitão lance une mise en garde

Malgré le retour de surplus budgétaires à Québec et un déficit qui devrait s'élever à 25 milliards $ cette année à Ottawa, le gouvernement de Justin Trudeau cristallisera l'existence d'un «déséquilibre fiscal» s'il ne corrige pas le tir en matière de transferts en santé, fait valoir le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão.
C'est la deuxième fois en deux semaines que le ministre Leitão cogne sur ce clou. Il l'a fait la semaine dernière lors de la présentation de la mise à jour économique et financière de son gouvernement et ce mercredi, au lendemain d'un exercice semblable présenté par son homologue fédéral, Bill Morneau. Mais il appuie sur ce clou avec une certaine prudence, parlant davantage de la situation future que présente.
«S'il n'y a pas d'amélioration dans les formules de transferts, on se retrouvera dans une situation de déséquilibre fiscal», a-t-il ainsi déclaré.
Il se dit heureux de la volonté du gouvernement fédéral «de dépenser des montants substantiels en infrastructures», ce qui règle en quelque sorte la question des transferts dans ce domaine, selon lui.
«Pour ce qui est des transferts pour la santé, on n'y est pas encore», a-t-il noté. Le gouvernement de Justin Trudeau veut réduire de 6 à 3 % la hausse des transferts en santé aux provinces, ce à quoi elles s'opposent - particulièrement le Québec.
Mais même si ce dossier était réglé à la satisfaction du Québec, le spectre du déséquilibre fiscal pourrait encore planer, laisse entendre Carlos Leitão. «Nous, ce qui nous préoccupe, c'est à terme...», dit-il.
La capacité fiscale des provinces - et singulièrement celle du Québec - n'est pas celle du gouvernement fédéral «parce que nous avons une dette qui est très élevée et un taux d'imposition qui est très élevé».
Marceau en rajoute
Malgré les surplus de Québec et le déficit à Ottawa, «les grandes forces, les grandes tendances qui sont à l'oeuvre, vont dans le sens d'un déséquilibre fiscal», martèle le péquiste et ancien ministre des Finances du Québec Nicolas Marceau.
Au palier fédéral, la situation ira en s'améliorant presque tout naturellement, d'après le souverainiste. «Les déficits d'Ottawa sont ponctuels. Ils ne sont pas structurels.»
«Le fait qu'Ottawa puisse ajouter 80 milliards $ en infrastructures démontre une certaine aisance, un certain confort financier. De plus, il n'y a pas de postes de dépenses incompressibles au fédéral.»
Le «déséquilibre fiscal, c'est quand l'argent n'est pas au bon endroit», résume M. Marceau dans ses mots.