Des pubs du gouvernement dérangent deux fois plutôt qu'une

Déjà critiquées pour leur contenu, voilà que deux publicités Web du ministère de la Santé font réagir pour leurs coûts de production... Total de la facture: près d'un demi-million de dollars.
Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, «a déjà dit que chaque dollar était important. Dans ce cas-ci, il en a gaspillé un demi-million», déplore Diane Lamarre, députée de Taillon et porte-parole péquiste en matière de santé.
Lancées en janvier dernier sur le site Avenir en santé, lesdites pubs visaient le recrutement de jeunes travailleurs en santé et en services sociaux. L'une des capsules met en scène un jeune homme qui rêve de devenir joueur de basketball professionnel. «Mais j'aime aussi aider les gens, je pourrais travailler en santé», ajoute-t-il. S'ensuivent un lancer complètement raté du jeune homme vers le panier, et la mention à l'écran «On t'attend en santé». Même genre de proposition dans la deuxième pub, avec cette fois une jeune femme rêvant de faire carrière comme chanteuse, et qui, vous le devinez, chante comme un pied.
«Qu'est-ce que ça envoie comme message? Que si t'es poche dans ce que tu rêves de faire, tu devrais venir en santé?» signalait en janvier à La Presse Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux. Moins de deux jours après le lancement de la campagne, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec était même allée jusqu'à demander le retrait des deux publicités, qu'elle qualifiait de «méprisantes envers les professionnelles en soins et l'ensemble du personnel soignant du réseau».
«Gaspillage»
Trois mois plus tard, Diane Lamarre en rajoute après avoir appris, grâce à une demande d'accès à l'information, que les coûts liés à ces deux publicités s'élèvent à plus de 470 000 $.
«D'avoir gaspillé de l'argent pour un recrutement de mauvais goût, dans un contexte d'austérité aussi sévère [et durant lequel] on a été prêt à priver des gens de services essentiels, ça ne se justifie pas. [...] Il y avait un effort à faire pour préserver les emplois avant de se mettre en mode recrutement», déplore-t-elle. «Plutôt que de faire des campagnes [de recrutement], il aurait dû prendre soin des gens qui étaient déjà là.»
En janvier, le ministère s'était défendu en affirmant à La Presse que sa campagne visait «les jeunes de 15 à 17 ans en processus de choix de carrière, et les jeunes de 18 à 24 ans pouvant être en processus de choix de carrière, de retour aux études ou de réorientation de carrière.»  Avec David Rémillard