Claude Sabourin, chef du Parti Vert

Des jours noirs pour le Parti vert du Québec

Le Parti vert du Québec va mal. Très mal. Personne n'en a parlé au lendemain du 4 septembre, parce que la formation était enterrée tout au fond des listes de résultats, mais le PVQ n'en demeure pas moins l'un des grands perdants du scrutin. Son chef montre maintenant du doigt l'indifférence des médias et... Québec solidaire!
Il n'y a pas si longtemps, pourtant, le Parti vert avait le vent dans les voiles. Lui qui, pendant les 20 ans précédents, peinait à attirer plus de 0,5% des voix, il avait obtenu 3,9% en 2007, ce qui - fait étonnant, vu d'aujourd'hui - l'avait même placé devant Québec solidaire (QS) (3,6%). Mais depuis, les deux formations ont pris des tangentes complètement opposées. Alors qu'il présentait
108 candidats en 2007, le PVQ n'a été représenté que dans 80 circonscriptions en 2008, et seulement 66 le 4 septembre dernier. Et ses appuis, il y a trois semaines, sont redescendus sous la barre de 1 % (à peine, mais quand même), pendant que QS raflait 6 % et deux élus.
Alors, qu'est-ce qui a bien pu se passer pour expliquer cette dégringolade, d'autant plus difficile à saisir que l'environnement n'a pas manqué de s'inviter dans l'actualité ces dernières années, avec les gaz de schiste, Fukushima, etc.?
Plusieurs facteurs ont dû jouer, estime le chef du PVQ, Claude Sabourin, «mais c'est clair que depuis 2008, Québec solidaire a pris beaucoup de place dans l'actualité, ce qui a privé le Parti vert d'un peu de visibilité. Pendant la dernière campagne, en particulier, les médias se sont concentrés sur les partis qui avaient des députés. Et on sait que lorsqu'on n'est pas visible, on n'existe pas».
Mais il n'y a pas que de l'espace médiatique que QS a grugé au Parti vert : la formation d'Amir Khadir et de Françoise David aurait aussi drainé nombre de bénévoles et de candidats «qui auraient pu se présenter pour le PVQ», dit M. Sabourin, dont le leadership a même été remis en question en pleine campagne.
«Cette visibilité-là au profit de QS fait en sorte que nos bénévoles se sont un peu éclipsés, et pas seulement chez QS. Il y a des gens qui sont partis pour le Parti québécois [PQ] également, à cause de candidats comme Scott MacKay [lui-même un ancien chef du PVQ] et Daniel Breton [du groupe écolo Maîtres chez nous 21e siècle]. Je pense que c'est l'attrait du pouvoir, on verra l'importance véritable que le gouvernement du PQ accordera à l'environnement.»
«Serré» financièrement
Mais il est hors de question d'envisager la fin du PVQ, assure toutefois M. Sabourin. «Je ne vous cacherai pas que, financièrement, c'est serré, on a déjà eu des jours meilleurs. Quand on passe de 152000 votes [en 2007] à 43000 [cette année], il va de soi que les rentrées d'argent diminuent. (...) Mais c'est simplement un moment difficile, on va passer à travers», indique le chef du PVQ.