La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault

Des employés politiques congédiés par Geneviève Guilbault ripostent

Des employés politiques congédiés par la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, ripostent.

«À nous trois, nous avons 21 ans d’expérience politique», a clamé Jacqueline Aubé dans un message envoyé à La Presse canadienne, lundi.

Plus tôt dans la journée, questionnée sur les changements au sein de son équipe, Mme Guilbault avait claironné que contrairement à ce qui était véhiculé, elle n’avait pas «perdu» d’employés, mais les avait plutôt congédiés pour incompétence.

«Des gens ont quitté dans les dernières semaines parce que je les ai congédiés», a tenu à préciser en mêlée de presse la numéro deux du gouvernement Legault.

Le Journal de Montréal avait fait état, jeudi dernier, du départ du directeur de cabinet de Mme Guilbault, Alain Lavigne, d’un conseiller, Pierre-Paul Côté, ainsi que de l’attachée politique Jacqueline Aubé.

L’attachée de presse de la ministre, Amélie Paquet, avait alors confirmé l’information au Journal, sans toutefois expliquer la raison de ces changements au sein de l’équipe de Mme Guilbault.

M. Lavigne a depuis été remplacé par Cédric Lavoie, qui travaillait auprès d’Éric Caire lorsque celui-ci était député dans l’opposition.

Le chef de cabinet est le principal conseiller d’un ministre. Il est chargé de faire le lien avec le cabinet du premier ministre et la haute fonction publique, tout en supervisant toutes les initiatives de son ministre.

«Contrairement à ce qui a été affirmé, je n’ai pas perdu d’employés, mais bien fait le choix de m’en départir», a déclaré Mme Guilbault en mêlée de presse.

«La compétence pour moi et les capacités de travail, c’est primordial. Vous connaissez tous le rythme effréné de la politique en 2019, le travail qu’on peut faire en cabinet, ça prend des gens qui ont la capacité de suivre ce rythme-là, et malheureusement certaines personnes n’avaient pas ces capacités, ce pour quoi que je les ai congédiées», a-t-elle renchéri.

Se sentant injuriée, Mme Aubé a fait valoir qu’ensemble, les trois personnes congédiées cumulent plus d’une vingtaine d’années d’expérience en politique, dont une longue feuille de route au Parti québécois.

«Est-ce à dire que les ministres suivants étaient tous dans le champ : Roger Bertrand, Pauline Marois, Bernard Landry, Jacques Parizeau, Gilles Baril, Serge Ménard, Paul Bégin, Stéphane Bergeron? demande-t-elle. J’imagine que ces ministres aussi devaient être incompétents étant donné qu’ils nous ont gardés?

«C’est à se demander si ce n’est pas elle [Mme Guilbault], le problème», a-t-elle asséné.

Gestionnaire aguerri

Alain Lavigne se décrit quant à lui comme un «gestionnaire aguerri» sur LinkedIn, un site de réseautage professionnel.

«J’ai un fort esprit analytique et un sens politique certain, étant un rassembleur, un motivateur et un vulgarisateur communiquant clairement les objectifs à atteindre», écrit-il.

«De plus, j’ai un bon jugement, prenant les meilleures décisions en tenant compte de leurs conséquences sur les plans économiques, juridiques, politiques et médiatiques. J’ai des habiletés en négociation et en élaboration de plans stratégiques. Je suis à l’aise avec les médias et j’ai beaucoup d’expérience en gestion de crise, en développement des marchés ainsi qu’en gestion des ressources humaines et matérielles.»

Mme Aubé n’a pas voulu se prononcer, lundi, sur la possibilité d’intenter des recours.