Lisée est convaincu que sa position sur le troisième lien, soit de ne pas le réaliser «coûte que coûte», ne nuira pas aux chances de son parti dans la capitale.

Départ d'André Drolet: une opportunité à saisir, dit Lisée

Le départ du libéral André Drolet, qui représente la circonscription de Jean-Lesage depuis près de 10 ans, constitue une opportunité à saisir pour le Parti québécois (PQ), selon le chef Jean-François Lisée.

«C’est une opportunité intéressante, car il y avait des gens qui étaient attachés à la personnalité de M. Drolet», a déclaré le chef jeudi soir en point de presse après l’assemblée générale du PQ de Jean-Lesage. Il avait plus tôt présenté le député Drolet comme «un homme de terrain» et ajouté qu’il «devait bien avoir des raisons pour s’en aller.»

«Il y a aussi beaucoup d’électeurs qui sont parkés à la Coalition avenir Québec [CAQ] et qui veulent du changement. Je pense être capable de convertir les caquistes de la région de Québec, qui ont les mêmes priorités que les autres familles du Québec», a-t-il ajouté.

Convergence

Dans son discours durant l’assemblée, M. Lisée avait aussi manifesté le désir que les partis indépendantistes «s’additionnent» éventuellement pour faire du Québec un pays souverain. «On ne veut pas que Québec solidaire [QS] fasse comme il l’a fait dans Jean-Lesage et aide la CAQ et le PLQ [Parti libéral du Québec] à se faire élire», a-t-il laissé tomber.

Lors du scrutin de 2014, l’addition des votes du PQ, de QS et d’Option nationale n’aurait cependant pas suffi à battre André Drolet. Après son discours, M. Lisée a précisé aux médias qu’il faisait plutôt référence à l’élection de 2012, où son candidat Pierre Châteauvert était passé à 651 voix de l’emporter. «Mais on est dans une autre dynamique maintenant.»

«Il faut dire aux gens de QS que l’on respecte leurs idéaux et leurs objectifs, mais que ce qu’ils veulent, c’est le contraire d’un gouvernement de la CAQ ou du PLQ. Il faut leur dire avec respect», a-t-il poursuivi, rappelant la tentative de son parti de conclure un «pacte électoral» avec Québec solidaire. «Il y avait 87 % des membres qui étaient d’accord, mais Québec solidaire a tout de même dit non», a répété le chef péquiste, citant un sondage dont les résultats ont été publiés en mai.

Troisième lien

Lisée est éga1lement convaincu que sa position sur le troisième lien, soit de ne pas le réaliser «coûte que coûte», ne nuira pas aux chances de son parti dans la capitale. «Je fais confiance à l’intelligence des électeurs de Québec», a-t-il déclaré. 

À ses côtés, la députée de Taschereau Agnès Maltais, qui ne sollicite pas un nouveau mandat, a affirmé que les sondages montraient maintenant que la population de Québec était divisée à 50 % sur la question d’un troisième lien entre Québec et Lévis.

Aéroport Jacques-Parizeau

Toujours dans le domaine des transports, Jean-François Lisée s’est amusé un peu plus tôt dans la soirée en évoquant un éventuel changement de nom de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau pour celui de Jacques-Parizeau dans un éventuel Québec indépendant.

«À l’époque, je disais à Jacques-Parizeau qu’après l’indépendance, on reprend l’aéroport de Mirabel, on le renomme aéroport Pierre-Elliott-Trudeau et on le ferme le lendemain! Mais Jean Chrétien a renommé Dorval Pierre-Elliott-Trudeau!», a-t-il lancé.

«Moi, j’appellerai encore cet aéroport Dorval tant qu’on ne sera pas indépendants. Ensuite, on pourra lui donner un autre nom. Des gens me disent déjà qu’on pourrait l’appeler l’aéroport Jacques-Parizeau. Est-ce qu’on ira jusque là?» s’est-il interrogé avec un sourire en coin.