Le modérateur Pier Dutil du Bourg du Dragon est entouré d'Amir Khadir (à gauche) et de Stéphane Gendron (à droite) qui ont discuté politique avec une centaine de personnes à Saint-Georges.

Débat sans coups bas pour Khadir et Gendron

La gauche et la droite peuvent-elles discuter âprement sans tomber dans la démagogie et les coups bas? Sans contexte électoral, Amir Khadir de Québec solidaire et Stéphane Gendron, ex-maire d'Huntingdon, ont prouvé que oui lors d'un événement en Beauce.
Au terme de ce débat politique non partisan, amorcé à Saint-Georges par le Bourg du Dragon, un organisme associé au développement de «l'entrepreneurship culturel», les deux opposants et l'auditoire composé de plus d'une centaine de personnes ont constaté qu'il n'y a pas que le blanc et le noir.
Sans jouer du coude ni du couperet, mais tout en mettant de l'avant des idées bien tranchées, les deux personnalités publiques ont opposé leur vision de la gauche et de la droite lors d'un face-à-face soutenu.
Le gouvernement devrait-il permettre l'exploitation du pétrole au Québec, augmenter les taxes et réduire les impôts pour taxer davantage la consommation plutôt que les revenus? Est-ce normal que Québec impose à Hydro-Québec et à la SAQ des taux de rendement accrus, de façon à retirer des dividendes plus importants? Limité à un oui ou un non, Amir Khadir a porté l'étendard du non tandis que Stéphane Gendron arborait la bannière du oui. Par contre, quoique pour des raisons différentes, ils flottaient ensemble sous le même drapeau affirmant être contre l'abolition des commissions scolaires.
«Tu n'es pas obligé d'être en chicane pour ne pas être d'accord, a dit Stéphane Gendron. Moi, je suis pragmatique. Parfois très à droite, parfois très à gauche. En étant hors campagne, le débat est plus honnête, il y a moins de bullshit. Personne n'est obligé de faire une opération de séduction ou de sortir une cassette. Tu dis ce que tu penses.»
Débat enrichissant
Pour sa part, le député Khadir, qui a apprécié l'efficacité de l'échange rondement encadré dans le temps, estime qu'il y a place pour ce genre de dialogue.
«Nous, la nouvelle gauche, on est pour la vérité. Ce soir, nous avons parlé de pays scandinaves, de Charest, de Harper, de services à la population, de gaz de schiste, de droits individuels et collectifs, de mesures incitatives ou coercitives en matière d'environnement, d'impôt, d'abris fiscaux, de la commission Charbonneau, de laïcité, du privé, du public, de l'État. Tout n'est pas mur à mur alors, malgré la controverse, c'est enrichissant de pouvoir en débattre», avance le politicien.
À preuve, lors d'un sprint idéologique pratique, le député de Mercier a répondu «oui» alors que l'animateur de radio et de télévision scandait «non», tous deux soutenant des positions diamétralement opposées quant à la gratuité de l'éducation postsecondaire, l'augmentation du prix des garderies à 7 $, la mise en place d'un revenu minimal garanti pour tous. Néanmoins, les deux hommes ont dit rejeter l'idée d'un taux d'imposition unique pour tous les contribuables.
Deux Beaucerons férus de politique, à savoir l'ancien député conservateur sous Mulroney Gilles Bernier et l'ex-adéquiste à l'Assemblée nationale et actuel maire de Saint-Georges, Claude Morin, ont trouvé l'exercice particulièrement intéressant, d'autant plus qu'il n'a pas lieu en campagne électorale.