Le chef du PLQ, Philippe Couillard, a présenté hier sa dernière acquisition, François Blais (à droite), doyen de la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval, qui sera candidat dans la circonscription de Charlesbourg.

Débat des chefs: «inacceptable» qu'il n'y en ait qu'un, selon Couillard

La campagne électorale provinciale n'est pas encore annoncée ou même confirmée, mais une controverse a déjà éclaté sur un éventuel débat des chefs. Philippe Couillard, à la tête du Parti libéral du Québec (PLQ), vilipende le Parti québécois (PQ) pour écarter à l'avance tout débat des chefs supplémentaire.
En 2012, les électeurs québécois avaient eu droit à quatre débats des chefs - une joute verbale à quatre, et trois face-à-face - plutôt qu'un traditionnel rendez-vous unique.
Or, en ce printemps probablement électoral, le PQ a déjà fait son choix. Pas question de multiplier les confrontations au sommet. Le directeur général du Parti québécois, Sylvain Tanguay, a diffusé un communiqué vendredi pour dire que sa formation ne souhaite qu'un seul débat cette fois-ci.
Le geste a fait bondir le chef du PLQ, Philippe Couillard. «C'est totalement inacceptable, cette attitude de Mme Marois qui est communiquée à notre grande surprise», a lancé le chef libéral, vendredi à Québec lors de la confirmation de la candidature dans Charlesbourg du doyen de la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval, François Blais.
«C'est un agenda caché, de toute évidence, et c'est la technique de la fuite», a ajouté Philippe Couillard. On fuit en élections, plutôt que d'avoir un budget complet et des crédits approuvés, on fuit devant la possibilité d'avoir des débats. C'est un signe d'arrogance que je trouve regrettable.»
Gautrin «quitte dans un esprit serein»
Philippe Couillard se dit pour sa part «prêt à débattre, partout, avec tout le monde», sans se fixer de limite. «Tant qu'il y en aura! Amenez-en! Je vais en faire.»
Gautrin serein, selon Couillard
Le leader de la formation libérale a dû se défendre d'avoir poussé vers la sortie le député de Verdun, Henri-François Gautrin, qui siège à l'Assemblée nationale depuis un quart de siècle. «Il a annoncé en toute sérénité son départ de la vie politique. J'ai eu une bonne et excellente conversation avec lui. Non seulement il quitte dans un esprit serein, mais il va participer à la transition», a soutenu le chef du PLQ, qui a nié avoir mis dehors le vétéran.
Henri-François Gautrin avait mis son chef dans l'embarras à la rentrée parlementaire, prédisant l'élection d'un gouvernement péquiste majoritaire. «Il a, avec beaucoup de dignité et de sérénité, accepté de faire partie de ce mouvement de renouveau», a fourni comme seule explication Philippe Couillard vendredi.
Le meneur des troupes libérales n'a pas voulu commenter la perquisition effectuée jeudi chez l'ancien ministre libéral provincial Marc-Yvan Côté par l'Unité permanente anticorruption (UPAC). Selon les informations obtenues par Le Soleil jeudi, cette perquisition était en lien avec une autre perquisition effectuée le 29 janvier au bureau de Roche dans Sainte-Foy. Un système présumé de fausse facturation et de financement illégal de campagnes électorales était alors dans la mire des enquêteurs de l'UPAC.
Philippe Couillard a néanmoins assuré vendredi qu'aucun député de son caucus, candidat ou membre de son entourage n'a reçu une visite de l'UPAC dans les derniers temps.
Blais veut moderniser l'État
Quant au candidat dans Charlesbourg, François Blais, il a affirmé vendredi vouloir quitter les couloirs de l'Université Laval pour s'attaquer à la «nécessaire modernisation de l'état québécois» et aux «effets pervers» du modèle québécois. Le professeur est un ardent défenseur de l'idée d'un revenu minimum garanti pour tous les citoyens, une idée qu'il estime compatible avec l'histoire et les valeurs du PLQ.