Martine Desjardins

De la redite à la commission sur la charte

Les députés, qui ont encore devant eux quelque 225 heures d'audiences sur la charte, écouteront cette semaine deux fois la même personne, sans compter les gens qui endossent les positions d'autres groupes qui auront déjà été entendus.
L'anthropologue et écrivain Daniel Baril, aussi blogueur au Voir, a du parlementarisme au menu cette semaine. Il représentera cet avant-midi la position du Mouvement laïque québécois et mercredi celle de l'Association humaniste du Québec, deux organisations pour lesquelles il milite.
Son message devrait passer auprès des députés puisque ces deux organisations sont aussi signataires de la pétition du Rassemblement pour la laïcité, lequel présentera aussi son mémoire aujourd'hui.
L'ex-leader étudiante et chroniqueuse Martine Desjardins défendra la position du rassemblement, dont la pétition a recueilli plus de 60 000 noms. Parmi ceux-ci, le syndicaliste Réjean Parent et Michelle Blanc, qui ont déjà défilé devant les parlementaires, mais aussi le professeur émérite Guy Rocher, la sexologue Jocelyne Robert et le SPQ-Libre, qui sont de la consultation cette semaine. Plusieurs autres défileront dans les semaines à venir.
Les «inclusifs» ne sont pas en reste par rapport aux «laïcs». Plus de 27 000 personnes ont signé le manifeste du groupe Québec inclusif, qui a déposé un mémoire à la commission. Parmi eux, le professeur Michel Seymour et Samira Laouni, de Communication pour l'ouverture et le rapprochement interculturel (COR), déjà entendus, et les jeunes libéraux ou les sikhs du Québec, qui auront leur moment de gloire au Salon rouge.
«Groupes de pression»
L'idée pour plusieurs groupes de se rassembler sous une bannière pour faire porter leur voix est efficace, constate Martine Desjardins, du Rassemblement pour la laïcité. «Mais c'est sûr que pour faire de la pression, pour faire passer son message, parfois, y aller avec plusieurs groupes, c'est intéressant, ajoute-t-elle. C'est le principe des groupes de pression.»
Elle croit que le débat gagne à ce que de nombreux intervenants ayant des perspectives différentes sur un même point de vue puissent échanger. Des éléments importants pour certains groupes pourraient être perdus si tout était fondu en une seule et même position.
«Je ne doute pas qu'il va y avoir des choses qui se ressemblent, poursuit Mme Desjardins. Le tronc commun est la même chose. Mais il y a des nuances qui sont fines mais qui peuvent avoir une grosse incidence.»