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«Une pandémie, ce que j’ai vécu dans la première vague, c’est quelque chose d’absolument unique. On n’avait aucune idée de ce qui se passait à propos du virus, on ne le connaissait pas! Il a fallu réorganiser dans un temps record», mentionne la ministre Danielle McCann.
«Une pandémie, ce que j’ai vécu dans la première vague, c’est quelque chose d’absolument unique. On n’avait aucune idée de ce qui se passait à propos du virus, on ne le connaissait pas! Il a fallu réorganiser dans un temps record», mentionne la ministre Danielle McCann.

Danielle McCann: retour imminent envisageable sur certains campus

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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LA POLITIQUE EN QUESTIONS / Ex-ministre de la Santé, Danielle McCann a navigué au cœur de la première vague de COVID-19 au Québec. La travailleuse sociale de formation a depuis été mutée à l’Enseignement supérieur, où elle voit à la santé mentale des cégépiens et universitaires, douleur silencieuse accentuée par la récente reprise des cours.

Q Rendus anxieux et démotivés par l’enseignement virtuel, plusieurs étudiants crient à l’aide. Vous venez d’annoncer deux jours de consultation pour dresser un plan d’action en vue de la rentrée de l’automne prochain. Mais que faites-vous pour leur donner un peu d’air frais dès maintenant?

On a déjà investi 20 millions $, à deux moments différents, et on a ajouté des ressources pour venir en aide aux étudiants qui en auraient besoin.

Aussi, on discute depuis des mois avec la Santé publique pour qu’il y ait des assouplissements. On vient de vivre un sommet (de contagion au Québec) en janvier, alors c’était difficile d’assouplir pour la session d’hiver.

Mais la situation s’améliore un peu. Est-ce possible de donner certains assouplissements pour que, à certaines conditions en respectant les mesures sanitaires, on puisse retourner minimalement sur les campus?

Ces discussions avancent beaucoup, beaucoup, beaucoup. On est dans la dernière ligne droite et on espère annoncer quelque chose dans ce sens-là pour nos étudiants bientôt.

Q Une présence minimale en classe deviendra-t-elle possible plus tôt dans certaines régions?

Ça va dépendre de la vision globale du gouvernement. M. Legault doit parler à la population la semaine prochaine pour le plan après le 8 février. L’orientation pour les cégeps et les universités irait dans le même sens.

Mais la situation n’est pas la même entre les différents cégeps et universités. Sur le plan géographique, sur le plan pandémique, mais aussi sur le plan des infrastructures. Pour respecter les distances nécessaires et avoir un minimum de présence, il faut s’organiser. Il n’y a pas le même espace dans chacune des universités et chacun des cégeps. Il faut avoir de la flexibilité.

Q Des membres du personnel aussi sont en détresse, pas juste à cause de la pandémie. Selon un récent sondage commandé par la Centrale des syndicats du Québec, qui négocie en ce moment avec le gouvernement, plus de la moitié (54 %) des employés du secteur collégial ont pensé quitter leur emploi au cours des dernières années. Comment les rassurer?

R C’est très préoccupant.

On a quand même donné des budgets considérables pour le soutien aux professeurs. Toute l’aide qu’on a donnée (en enseignement supérieur) depuis le début de la pandémie, c’est 215 millions $. Là-dedans, il y avait une portion substantielle qui allait en appui aux professeurs.

On a demandé d’ajouter des professeurs, des aides-enseignants et d’autres types de professionnels pour venir aider les professeurs. On les a également soutenus avec du matériel pédagogique et de la formation pour le numérique.

C’est un soutien continu et je suis très sensible à leur situation. On tente de les appuyer au maximum depuis le début de la pandémie.

Q Songez-vous à exiger une preuve de vaccination pour aller s’assoir ou enseigner en classe?

R On n’est pas rendus là.

C’est quelque chose dont on va discuter, toute la vaccination des professeurs. Mais l’approvisionnement est problématique à ce moment-ci. Il faut aller au plus pressant, qui sont les personnes âgées, les personnes dans les résidences privées pour aînés, le personnel de la santé. Mais c’est sûr qu’on va se pencher sur cette question-là d’accès au vaccin.

Quant à la preuve, je pense que ça va venir dans un deuxième temps. Il faut d’abord s’assurer qu’on va pouvoir les vacciner dans les meilleurs délais possible.

Q Les étudiants étrangers représentent un marché payant pour plusieurs cégeps et universités. Comment pallier leur absence actuelle et souhaitez-vous leur retour en aussi grand nombre après la pandémie?

Les étudiants étrangers, c’est 16 % de nos étudiants universitaires. C’est important.

Quand le fédéral a rouvert les frontières, ç’a réglé une partie du problème et une certaine proportion est restée à distance.

Les étudiants étrangers font partie de l’environnement de l’enseignement supérieur. On a une réputation sur la scène internationale. On a aussi des ententes avec différents pays. On est vus comme des institutions de grande qualité où des gens à travers le globe sont intéressés à venir étudier. On va continuer dans ce sens-là.

Par contre, dans une dizaine de collèges privés non subventionnés, on a vu un afflux en peu de temps, une multiplication d’étudiants étrangers. En l’espace de deux ans, ça s’est décuplé. On a des préoccupations quant à la qualité de l’enseignement et d’autres considérations. On a lancé une enquête et on attend un rapport d’ici le printemps. Il va falloir voir à ce que ce soit fait dans les règles de l’art.

Q Vous gériez le ministère de la Santé et des Services sociaux lors de la première vague de COVID-19, Christian Dubé le fait pour la deuxième. Estimez-vous avoir mieux fait que le ministre actuel? Votre successeur vous consulte-t-il?

R Une pandémie, ce que j’ai vécu dans la première vague, c’est quelque chose d’absolument unique. On n’avait aucune idée de ce qui se passait à propos du virus, on ne le connaissait pas! Il a fallu réorganiser dans un temps record, ç’a été tout un effort pour le réseau de la santé et des services sociaux. Un effort qui se poursuit encore de façon très importante. C’est un marathon.

Je suis aussi très fière de ce que j’ai accompli avant la pandémie comme ministre de la Santé et des Services sociaux. Les projets de loi que j’ai passés pour élargir les activités des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) et des pharmaciens, ça aide beaucoup en première ligne. Et toute la téléconsultation! Je suis très contente de ces réalisations, j’avais fait ça avec mon collègue Lionel Carmant. D’autres choses aussi qui sont en cours : les ambulanciers communautaires, les modulaires pour désengorger les urgences.

La pandémie continue et je vois bien que ce n’est pas facile. Vraiment pas facile.

Par ailleurs, je veux dire clairement que c’est un privilège d’être ministre de l’Enseignement supérieur. Et j’espère que vous allez l’écrire dans votre article! C’est important que je mette la main à la pâte pour que l’on reconnaisse l’importance de l’enseignement supérieur non seulement pour la relance économique, mais pour l’ensemble de la société québécoise.