Isabelle Melançon, députée de Verdun et porte-parole de l’opposition officielle en matière de culture et de communications, affirme que les élus doivent agir rapidement pour trouver une solution à long terme à la crise des médias.

Crise des médias: le PLQ presse la CAQ d’agir

TROIS-RIVIÈRES — Alors que la crise qui touche les médias traditionnels relativement à la baisse des revenus publicitaires fera l’objet d’une commission parlementaire qui débutera ce lundi, la députée de Verdun et porte-parole de l’opposition officielle en matière de culture et de communications, Isabelle Melançon, presse le gouvernement de mettre en place des solutions à long terme pour assurer la pérennité des médias régionaux.

Après avoir publié une vidéo afin de sensibiliser la population à la campagne Je soutiens mon journal, initiée par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Mme Melançon souhaite maintenant que la commission parlementaire permette aux élus de trouver des mesures qui viendront en aide aux médias du Québec, et ce, rapidement.

«Il faut arrêter de dire que peut-être qu’on pourrait faire quelque chose. Il faut agir, et maintenant», dit celle qui était de passage dans la région, vendredi.

Augmenter les revenus des médias

Parmi les propositions annoncées par la députée de Verdun en lien avec la pérennité des médias traditionnels au Québec, on compte la création d’un fonds dédié aux communications. Mme Melançon propose que les revenus de la «taxe Netflix», qui s’applique aux entreprises étrangères qui ont accepté de percevoir la TVQ, soient redirigés vers ce fonds, et pourraient par la suite être distribués aux différentes organisations médiatiques. Selon Revenu Québec, la «taxe Netflix» pourrait rapporter environ 62 millions de dollars au gouvernement lors de sa première année en vigueur.

Cette mesure pourrait également s’appliquer aux GAFA — Google, Amazon, Facebook et Apple — advenant une taxation plus importante érigée par le gouvernement fédéral ou provincial. «Le problème, il est vrai en communication avec les géants du Web, mais il est vrai aussi en matière de musique, de cinéma: c’est le contenu. Eux, ils ont un contenant et c’est le contenu qu’on doit produire, qu’on doit écrire, et c’est comme si personne ne payait cette note-là», explique Mme Melançon.

La députée libérale a également déposé une motion à l’Assemblée nationale en mai dernier afin que le gouvernement choisisse les médias traditionnels pour diffuser une majeure partie de ses publicités. Cette motion a été adoptée à l’unanimité, à l’exception de Marie-Louise Tardif, députée de Laviolette-Saint-Maurice, qui a omis de se prononcer lors du vote. «Tant et aussi longtemps qu’on va avoir des médias qui vont investir pour faire de l’information de qualité avec des journalistes professionnels, et que d’un autre côté, on va avoir les GAFA, ces millionnaires du Web qui récoltent le fruit de leur travail sans payer un seul sou, c’est sûr que le modèle d’affaires ne fonctionnera plus.»

Mme Melançon affirme que le Parti libéral du Québec, lorsqu’il était au pouvoir, a appliqué différentes mesures pour venir en aide aux médias. Toutefois, elle estime que l’ancien gouvernement a mis du temps à évaluer les conséquences des géants du Web sur les médias. «Pour ce qui est de la réflexion sur les GAFA, je pense que tout le monde avait sous-estimé l’ampleur de ce que ça pouvait donner», indique la députée, qui mentionne que la «machine gouvernementale» devrait s’adapter aux changements technologiques. «Le monde change à une rapidité insoupçonnée, alors que notre législation est d’une lenteur démesurée.»

Quel modèle privilégier?

Alors que certains s’inquiètent que les médias qui reçoivent une aide gouvernementale soient en quelque sorte dépendants de l’État, Mme Melançon croit que la façon de soutenir les médias doit être choisie de sorte qu’elle ne soulève pas ce type de questionnements dans la population. Elle affirme alors que les crédits d’impôt pourraient faire partie des options à considérer en ce sens.

«Les journalistes font leur travail, ils le font très bien, alors pour moi, il n’y a pas de corrélation, mais on doit toujours garder ça en tête», dit-elle.

La députée estime que le point le plus important à considérer dans cette situation est de privilégier une diversité des sources d’information.

Mme Melançon semble avoir bon espoir que la commission parlementaire mènera à des résultats, notamment puisqu’elle estime que les différents partis sont préoccupés par la crise des médias. «Je pense qu’il y a déjà un consensus. [...] C’est exactement pour ça que j’ai fait la vidéo. On doit, d’une seule et même voix, dire qu’on aime notre information locale régionale.»