Guy Nantel, Sylvain Gaudreault, Frédéric Bastien et Paul Saint-Pierre Plamondon étaient de passage à Québec, dimanche.
Guy Nantel, Sylvain Gaudreault, Frédéric Bastien et Paul Saint-Pierre Plamondon étaient de passage à Québec, dimanche.

Course à la chefferie du PQ: moins d'argumentation, plus de vision

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
Une fois les masques retirés et les micros distancés, c’était lancé. À un mois de l’élection d’un prochain chef du Parti québécois, les quatre candidats étaient de passage à Québec dimanche, au D’Auteuil de la rue Saint-Joseph.

Ils étaient donc plus d’une centaine à s’être déplacés pour entendre les quatre candidats qui briguent la chefferie du Parti québécois (PQ) se prononcer sur des enjeux tantôt locaux, mais majoritairement nationaux.

La salle était pleine… en mode COVID-19. Il faut dire que seulement 100 places étaient disponibles pour assister à la rencontre dans la salle de spectacle afin de faire respecter la distanciation sociale. Et elles se sont envolées rapidement, aux dires des organisateurs. D’autres curieux se sont  tout de même approchés à l’extérieur, sur la rue Saint-Joseph, pour écouter de loin ce qui se disait sur scène.

Guy Nantel, Sylvain Gaudreault, Frédéric Bastien et Paul Saint-Pierre Plamondon se sont tous prêtés au jeu lors de ce seul passage prévu dans la Capitale-Nationale avant l’élection du successeur de Jean-François Lisée, le 9 octobre.

«Rebâtir» le PQ

Contrairement au débat virtuel plus tôt cette semaine où messieurs ont pu se relancer la balle, le rassemblement de dimanche ne laissait pas la place aux candidats d’argumenter entre eux. C’était plutôt l’occasion pour les membres, les militants du parti et pour la population de la région d’en apprendre davantage sur leur vision du PQ, de l’indépendance et de certains dossiers d’actualité.

Il était attendu, ce premier rassemblement public. Le Parti québécois avait prévu réunir les quatre candidats dans des parcs de Québec plus tôt au mois d’août pour aller à la rencontre des citoyens. Les organisateurs des deux rassemblements qui devaient se tenir le 16 août ont été contraints de les annuler.

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Au menu dimanche donc, des idées pour contribuer à «reconstruire» le PQ après sa défaite historique aux élections de 2018. Pour ce faire, la question nationale devrait figurer à «l’avant-plan», s’entendent les candidats. Mais ils ne sont pas dupes, ils abordent avec transparence la tâche qui se présente à eux.

Comment rallier les jeunes à la cause référendaire? Comment arrimer les interactions avec les municipalités une fois le Québec devenu un pays? Peut-on réellement espérer remporter les élections en 2022? ont d’ailleurs questionné des citoyens présents sur place.

«Nous sommes à la croisée des chemins […] on ne peut pas parler d’indépendance comme si tout allait bien et comme si notre parti était certain de se faire élire aux prochaines élections. Nous sommes un parti à rebâtir», a confié l’avocat Paul Saint-Pierre Plamondon lors de son discours de présentation.  

Paul Saint-Pierre Plamondon

Les enjeux comme la gestion des frontières et l’accueil des immigrants font quant à eux partie des principaux chevaux de bataille de l’humoriste Guy Nantel. Il croit que le Québec, en tant que pays, gagnerait à se réapproprier les champs de compétence qu’il peut contrôler.

Pour le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, pas question non plus de mettre la cause référendaire de côté. «Nous sommes au Parti québécois parce que nous partageons une valeur commune qui est celle de la liberté. Le Parti québécois existe parce que nous voulons la liberté de notre nation», a-t-il dit.

Lutter contre le régime fédéral, «nos adversaires politiques numéro un» constituerait un moyen pour «avancer», a soutenu l’historien Frédéric Bastien. «Premier mandat constitution, deuxième mandat référendum. Bing bang», répète-t-il.

Frédéric Bastien

Le PQ élira le chef qu’il souhaite voir tenir les rênes du parti lors des prochaines élections provinciales de 2022.

Et à Québec? 

Les enjeux locaux n’ont pas été au cœur des échanges, dimanche. Si Sylvain Gaudreault s’est positionné sur le transfert de la responsabilité fédérale du port de Québec, ses adversaires se sont fait plutôt silencieux sur les dossiers concernant la Capitale-Nationale.

Le Soleil les a questionnés sur leur position face au projet de tramway à Québec.

«À la fois le troisième lien et le tramway, ça va déjà être mis en chantier en 2022. Alors je trouve que ce n’est pas un grand risque de dire ‘’je suis en faveur du tramway et du transport en commun’’ parce que de toute façon on ne pourrait pas arrêter ça même si on était contre […] Québec a besoin de se moderniser, il n’y a pas juste Montréal non plus, donc c’est parfait comme ça», croit Guy Nantel.

Guy Nantel

«J’ai habité à Québec, ça fait quand même un certain temps, mais c’était tellement frappant que le transport en commun était déficient. Je suis pour le tramway à Québec, je comprends qu’il y a des difficultés, mais il ne faut pas lâcher ce morceau-là», soutient Frédéric Bastien.

«Le projet de tramway doit voir le jour et le gouvernement du Québec a une obligation de résultat. Ce n’est pas vrai que Québec va demeurer l’enfant pauvre du transport collectif, le tramway constitue un projet essentiel à la relance économique tout comme à la lutte aux changements climatiques», a fait savoir Paul Saint-Pierre Plamondon.

«Je vois la Capitale-Nationale comme la capitale du futur pays du Québec. Il faut avoir un aménagement du territoire qui correspond aux ambitions de la capitale. Je suis un partisan fini du transport collectif […] Je sais qu’un tramway va influencer pour des générations futures cette Capitale-Nationale», défend fermement Sylvain Gaudreault.

Sylvain Gaudreault

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CE QU'ILS ONT DIT SUR L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC

«Au fil des années on n’a plus été capable d’incarner le combat pour la nation, on n’a plus été capable de rassembler en notre sein les différents courants nationalistes qui existent au Québec […] Celui qui va faire l’indépendance […] c’est celui qui va réussir à rassembler à nouveau tous les nationalistes.» — Frédéric Bastien

«On veut que les gens votent oui [à un référendum]. Si on a nous-mêmes peur de perdre, si on ne pense pas en entrepreneur, en rêveur, en gens qui voient l’avenir positivement, comment voulez-vous qu’on gagne? Comment voulez-vous qu’on convainque les gens de ne pas avoir peur si nous-mêmes on a peur. Mon slogan c’est ‘’OUI’’.» — Paul Saint-Pierre Plamondon

«La pandémie a rendue plus pertinente que jamais cette liberté […] La liberté c’est d’avoir la possibilité de contrôler nos frontières, de prendre toutes nos décisions en matière de santé, de prendre toutes nos décisions en matière d’environnement. La liberté de prendre des décisions qui vont influencer le cours des choses pour notre nation pour les générations futures.» — Sylvain Gaudreault

«Il faut dire: ‘’nous autres, le référendum, la souveraineté, appelez ça comme vous voulez, c’est sur et certain qu’on en fait un en 2022’’. Il reste deux ans d’ici là et je vous assure que dans ces deux années-là on a le temps […] d’expliquer tous les avantages économiques, culturels, linguistiques pourquoi il faut faire la souveraineté.» — Guy Nantel