Arrêtées par l'UPAC, Dany Moreau est soupçonnées de fraude, de corruption dans les affaires municipales, ainsi que de complot.

«Coup de filet de gros poissons libéraux»

Cinq des huit personnes épinglées mardi par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) dans la région métropolitaine - pour des stratagèmes liés à des contrats octroyés par la Ville de Montréal - ont contribué à la caisse du Parti libéral du Québec, d'après une compilation de la Coalition avenir Québec.
Aussitôt les noms des prévenus connus, en matinée, le parti de François Legault s'est livré à une recherche maison. Résultat : Bernard Trépanier, Kazimierz Olechnowicz, Normand Brousseau, Yves Théberge et Dany Moreau, tous interpellés mardi, ont versé un total de 69 650$ au Parti libéral du Québec entre 2003 et 2012, selon son relevé interne. M. Théberge a été le plus généreux du groupe avec des contributions totalisant 20 500 $ au cours de ces années.
Le député Simon Jolin-Barrette convient que ces personnes n'ont pas été arrêtées pour ces contributions, qui n'ont rien d'illégales en soi. Mais, dit-il, «c'est quand même un gros coup de filet de gros poissons libéraux qui contribuaient au Parti libéral».
Compte tenu du relevé effectué par son parti, M. Jolin-Barrette demande à Philippe Couillard de procéder à des vérifications au sein de sa formation politique. La CAQ le redemandera mercredi à l'Assemblée nationale. 
Elle veut savoir si ces individus étaient ou sont membres du Parti libéral du Québec et s'ils ont sollicité des fonds pour lui. Si c'est le cas, «M. Couillard devrait bannir ces personnes» de sa formation politique, tranche Simon Jolin-Barrette en ajoutant que Bernard Trépanier «était extrêmement proche du Parti libéral». 
Les libéraux pourraient bien voir dans la compilation de la CAQ une forme de «culpabilité par association», un «procédé» qu'ils dénoncent.
Lorsque des sujets comme ceux-là surgissent, Philippe Couillard répète que les personnes ayant commis des crimes doivent faire face à la justice. Il trace une ligne entre un «avant» et un «après» au Parti libéral du Québec.
Marc Bibeau
Les huit personnes arrêtées par l'UPAC sont soupçonnées de fraude, de corruption dans les affaires municipales, ainsi que de complot. Parmi elles, Frank Zampino, ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal et ex-maire de Saint-Léonard.
Chez celles qui ont contribué au PLQ, Bernard Trépanier est un ex-solliciteur de fonds du parti Union Montréal; Kazimierz Olechnowicz, un ex-PDG de la firme d'ingénierie CIMA+; Yves Théberge, un ex-vice-président de la même entreprise; Dany Moreau, un vice-président de SM. Normand Brousseau, lui, travaillait pour la firme de génie Teknika HBA.
Lors des travaux de la Commission Charbonneau, Kazimierz Olechnowicz avait dit avoir remis pendant des années des milliers de dollars à l'entrepreneur Marc Bibeau, souvent dépeint comme un ex-argentier du PLQ. Il aurait agi comme prête-noms.
Selon l'UPAC, les huit hommes épinglés ont été impliqués dans un stratagème concernant une trentaine de contrats de services professionnels, essentiellement des contrats d'ingénierie octroyés par la Ville de Montréal entre 2001 et 2009.