«Quelle que soit la colère, le radicalisme ne doit pas être une bouée de sauvetage», a déclaré le premier ministre Philippe Couillard.

Couillard tend la main aux leaders musulmans

Le premier ministre Philippe Couillard tend la main à la communauté musulmane, conscient de l'impact que peuvent avoir sur elle les tragédies impliquant deux Québécois qui ont embrassé l'islam radical.
Le chef du gouvernement a ouvert la journée à l'Assemblée nationale par une rare déclaration solennelle, au lendemain de l'attentat à Ottawa, au parlement, et trois jours après celui de Saint-Jean-sur-Richelieu.
«Ce matin, je me suis entretenu et m'entretiendrai avec les leaders de la communauté musulmane, a-t-il révélé. Je tiens à souligner que ces leaders se sont rapidement prononcés et ont condamné comme nous cette violence qui tire son origine dans une déformation cruelle du sentiment religieux. Je les félicite pour cette réaction ferme et rapide.»
Les rencontres auront des lendemains. «J'ai l'intention de rencontrer ces leaders à mon retour de mission [de Chine]. Pour maintenir le contact, et aussi pour agir ensemble.» Philippe Couillard a donné comme mandat à trois de ses ministres de préparer avec les membres de cette communauté «des actions basées sur l'engagement communautaire, la prévention et la détection précoce des comportements à risque».
En mêlée de presse, Philippe Couillard a précisé que le rapprochement a pour but de faire de la prévention, y compris dans les mosquées. «Le phénomène de la radicalisation domestique est quelque chose qui est heureusement très peu fréquent, mais qui peut se produire», a fait remarquer M. Couillard.
Selon les experts, a-t-il avancé, pour désamorcer une telle situation, il faut maintenir l'importance des forces de sécurité, mais aussi miser sur l'action auprès des différentes communautés, «notamment dans les lieux de culte».
Il a indiqué que son gouvernement se rapprochera des groupes «issus de la diversité». L'action gouvernementale servira notamment à repérer les «signalements dangereux, mais aussi intervenir auprès de ces gens et de leurs familles».
Dans sa déclaration, le premier ministre a appelé les citoyens «à ne pas donner à ces criminels [qui commettent des actes de terreur et aux organisations qui les inspirent] la victoire qu'ils recherchent. Il n'existe aucune, aucune justification acceptable pour ces actes haineux», a déclaré Philippe Couillard.
«L'expression du mal absolu qu'ils représentent ne doit en aucun cas être banalisée, ou même relativisée. Quelle que soit la colère, le radicalisme ne doit pas être une bouée de sauvetage.»
À leur arrivée à l'Assemblée nationale, des membres du cabinet Couillard se sont fait demander s'ils ressentaient un malaise de voir que les attentats ont été perpétrés par des Québécois convertis à l'islam. «Non, a tranché le ministre de la Santé Gaétan Barrette. Il n'y a absolument aucun rapport», a-t-il rétorqué en faisant remarquer que des complots ont été déjoués ailleurs au Canada.