Partisan d'une économie «ouverte», Philippe Couillard a invité les entreprises québécoises à conquérir les marchés étrangers, de la même manière que le font les entreprises d'autres pays en s'emparant des compagnies québécoises.

Couillard «sérieux» sur le revenu minimum garanti

«Ce n'est pas une balloune que l'on lance, là.» Le premier ministre Philippe Couillard envisage sérieusement l'implantation d'un système de revenu garanti au Québec.
L'actuel ministre de la Solidarité sociale, François Blais, est un expert de la question. Dans son livre Un revenu garanti pour tous : introduction aux principes de l'allocation universelle, l'ex-professeur Blais offre une «définition simple» : «L'allocation universelle constitue un revenu inconditionnel accordé par l'État à chaque citoyen.»
Adapté aux besoins particuliers, ce montant non imposable octroyé «de la naissance à la mort» viendrait remplacer les mesures actuelles de sécurité du revenu : aide sociale, prestation aux familles et aux retraités, crédits d'impôt aux particuliers et aux entreprises, prêts et bourses, et d'autres encore.
Plus facile à gérer, la mesure allégerait la structure administrative, plaident ses défenseurs. Elle encourage aussi le travail puisque l'allocation ne peut être amputée en raison d'une rémunération supplémentaire imposable.
«Je suis sérieux quand je parle de ça», a assuré M. Couillard, vendredi. «On lit, on regarde ce qui se fait dans d'autres pays, a-t-il poursuivi. [...] Il y a deux pays actuellement qui ont annoncé leur intention d'aller de l'avant, dont la Finlande. Il y a quelque chose qui m'attire dans ce concept-là.»
Outil de solidarité sociale
Le système du revenu minimal garanti peut être un bon outil de solidarité sociale dans une économie en transformation où les nouveaux emplois ne sont pas toujours pour ceux qui perdent les leurs, a noté le premier ministre.
«D'un côté, la simplification de l'État, de l'autre, le maintien de la dignité des gens, a déclaré M. Couillard. Je crois qu'il y a une combinaison qui est excessivement intéressante.»
Le premier ministre n'a pas parlé d'échéancier. Dans une entrevue au Devoir, en 2014, le ministre Blais considérait tout à fait envisageable d'entamer une réforme qui s'étalerait sur 20 ou 25 ans.