Couillard récite un poème d'au revoir à Gaudreault

Dans un texte pastichant à la fois Molière et Beckett, le premier ministre Philippe Couillard a révélé, mercredi, son goût pour l'art poétique, dans un message d'au revoir au chef intérimaire péquiste Sylvain Gaudreault.
M. Couillard a lu en Chambre un poème écrit pour M. Gaudreault, qui lui posait mercredi sa dernière question à titre de chef de l'opposition officielle.
À partir de la semaine prochaine, M. Couillard répondra au nouveau chef péquiste, qui doit être élu vendredi.
En préambule, M. Couillard a expliqué qu'il avait été inspiré par la pièce Tartuffe, de Molière, dont le texte est écrit en alexandrins.
Lundi, le premier ministre a assisté à la première de la pièce montée par le Théâtre du Nouveau Monde, à Montréal.
M. Couillard a déclaré que son texte était intitulé «En attendant Gaudreault», une référence à la pièce «En attendant Godot», du dramaturge Samuel Beckett.
Le premier ministre a expliqué qu'il souhaitait saluer de façon poétique le départ de M. Gaudreault, qui demeurera dans ses fonctions de député de Jonquière.
Philippe Couillard félicite Sylvain Gaudreault à l'Assemblée nationale.
«Oui, la poésie, c'est important, a-t-il dit. L'art, c'est important dans la vie.»
À son adversaire qui venait de le questionner à propos du renouvellement des ententes sur le bois d'oeuvre, M. Couillard a lu son au revoir:
'De nos courtes vies, les parques filent la toile
Bien osé pour nous d'en deviner le cours
Le PQ bientôt montrera un troubadour
capable selon eux de redresser les voiles
D'un bien fragile esquif voguant vers les hauts fonds
D'un récif acéré qui n'offre rien de bon
De notre collègue la voix s'éteindra-t-elle?
Un autre fauteuil déjà attend son appel
On y entendra parler de séparation
Pourtant, quelle douceur dans le beau mot union
Redoutable adversaire aujourd'hui il demeure
De son ralliement futur nous attendons l'heure
Car de notre grand parti est issu le sien
Travaillons ensemble pour refaire ce lien'
M. Gaudreault s'est ensuite levé de son siège pour aller remercier M. Couillard, sous les applaudissements de ses collègues.