Depuis deux jours, François Legault talonne le premier ministre sur la question des taxes scolaires, alors que le projet de loi 166, qui vise à harmoniser les taux de taxes dans chacune des régions, est à l’étude.

Couillard ne défend pas les contribuables de sa région, plaide Legault

François Legault presse Philippe Couillard d’adopter le plan de réduction des taxes scolaires de la Coalition avenir Québec (CAQ), car celui-ci est plus avantageux pour les contribuables de sa région, le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

«Comment il peut être présentable dans Roberval, pis de dire à ces gens-là, vous payez deux à trois fois plus de taxes que les gens en Abitibi-Témiscamingue? Ça a pas de bon sens!», a souligné le chef de la CAQ mercredi.

Depuis deux jours, M. Legault talonne le premier ministre sur la question des taxes scolaires, alors que le projet de loi 166, qui vise à harmoniser les taux de taxes dans chacune des régions, est à l’étude. 

La proposition du Parti libéral (PLQ) est de faire baisser les taxes scolaires de tous les contribuables en se basant sur le plus bas taux par région, tandis que celle de la CAQ est d’adopter d’ici 4 ans un taux de taxes unique pour tout le Québec, à environ à 10 cents du 100$ d’évaluation d’une maison. 

«Pas d’iniquité»

«Philippe Couillard est même pas capable de défendre son monde du Saguenay-Lac-Saint-Jean», a déploré M. Legault. 

«Les gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean et de l’Abitibi vont tous assister à une diminution de leur taxe scolaire, ça, je sais ça, mais que dans la même région, il n’y aura plus d’iniquité», a plaidé M. Couillard lorsque questionné en chambre. 

Le premier ministre a ensuite tenté d’expliquer les différences de taux de taxes qui subsisteront entre régions après la réforme libérale. «Comparez le niveau de services, comparez le niveau de dépenses des organisations scolaires dans les deux régions, puis là on pourra avoir une discussion peut-être intelligente», a-t-il soutenu. 

Une réponse qui a fait bondir M. Legault. «Il est en train de nous dire que les services en éducation sont deux fois moins bons en Abitibi-Témiscamingue qu’au Saguenay-Lac-Saint-Jean? Ça se tient pas, ça a pas de bons sens.»

Le premier ministre a par la suite attaqué la proposition de François Legault. «Nous, on va également protéger les sommes requises pour l’enseignement à nos enfants. Il est prêt à faire une amputation de centaines de millions de dollars uniquement pour un argument électoraliste.»

Même si la baisse de taxes scolaires de la CAQ coûterait 1,3 milliard $ à l’État - comparativement à 600 millions $ pour la proposition libérale -, M. Legault s’est engagé à ne «jamais» réduire les subventions aux commissions scolaires, qui deviendrait des centres de service.