Alexandre Cloutier était le représentant officiel de la députation péquiste en Écosse.

Couillard «induit en erreur les Québécois», dit Cloutier

Philippe Couillard a fait preuve de malhonnêteté en confondant la défaite électorale du Parti québécois (PQ) avec un troisième référendum qu'auraient perdu les souverainistes québécois.
Depuis l'Écosse, où il a agi en observateur pour le Parti québécois du plébiscite sur l'indépendance, le député Alexandre Cloutier n'a mis que quelques minutes à répliquer au premier ministre Couillard.
«Le chef libéral a volontairement induit en erreur les Québécois», a reproché M. Cloutier. Le mouvement indépendantiste du Québec a été battu au plébiscite de 1980, puis à celui de 1995. «Mais ce sont les fédéralistes qui ont perdu, en 1992, le référendum» de Charlottetown, a lancé l'élu de Lac-Saint-Jean.
Suggérer que le scrutin du 7 avril tenait du plébiscite est faux. «Va-t-on prendre toutes les élections pour un référendum? s'est insurgé M. Cloutier. Va-t-on dire que l'élection de René Lévesque [en 1976] était le premier? Ça ne tient pas la route. Il laisse entendre des faussetés.»
La défaite du Oui écossais ne l'a pas surpris. «Je les suis [les indépendantistes écossais] depuis 2004. J'ai toujours été très sceptique» sur la possibilité qu'ils l'emportent.
«Ils partent de tellement loin, a-t-il poursuivi. En 1979, ils avaient perdu» une première consultation qui ne portait que sur la possibilité de doter leur coin de pays d'un parlement, a-t-il noté. «Il y a six mois, il n'y avait pas un observateur qui leur donnait la moindre chance. Finalement, à la dernière minute, Westminster s'est réveillé. Il n'y aurait jamais eu promesse de réforme [des pouvoirs avec les Écossais...] sans la remontée fulgurante» du Oui.
Le résultat d'hier ne représente pas une catastrophe pour Alexandre Cloutier. Sa propre formation politique a des enseignements à tirer de cette campagne référendaire. La grande leçon : tous les souverainistes ont parlé d'une seule voix.
«Approche chirurgicale»
Alexandre Cloutier a loué «l'approche chirurgicale» des partisans de la souveraineté. «Ils ont présenté un projet très clair aux Écossais.
«Ils ont fait ce que, nous, on doit faire au Québec. Ils ont parlé d'une seule voix et ils ont eu cette grande coalition souverainiste. Il n'arrivera jamais rien au Québec tant que nous n'aurons pas de projet commun et tant qu'on ne se sera pas relevé les manches pour travailler ensemble.»
Le péquiste a été frappé par un regroupement souverainiste, formé des firmes de trois villes, enregistré comme l'est une compagnie. Des PME «qui parfois s'affichaient carrément sur leur porte, c'est certainement un modèle intéressant. Pour eux, que l'Écosse obtienne davantage de pouvoirs, c'était dans cette logique [économique] de croissance et d'opportunités d'affaires» d'une entreprise.
M. Cloutier a aussi remarqué un revirement d'opinion qui se serait produit chez les jeunes Écossais : le haut taux d'indécis, surtout chez les 16 à 18 ans, qui se sont fait donner le droit de vote, s'est mué en forte mobilisation en faveur du Oui, a retenu M. Cloutier.
L'adhésion des minorités au Oui est une autre piste que le PQ devra examiner, a-t-il reconnu. La forte communauté d'origine polonaise s'est exprimée dans le débat référendaire, mais leur argumentaire, a rapporté M. Cloutier, était identique aux Écossais de souche.
«Du travail à faire»
Il s'est dit conforté sur son opinion, à savoir que la souveraineté du Québec «n'a rien à voir avec la couleur de la peau ou la croyance. C'est sûr qu'on rêve de voir des groupes du Oui dans chacune des communautés, partout sur le territoire québécois. C'est sûr qu'on a du travail à faire».
Pour lui, il faut retenir que le Oui écossais s'est rapproché de cinq points du score québécois de 1995. Un plébiscite perdu par moins de 1 % et que le PQ estime s'être fait voler par des irrégularités.
Alexandre Cloutier a indiqué que l'atmosphère était bien différente, à Édimbourg, dans la soirée et la nuit de jeudi à hier, de celle qui régnait en 1995, à Montréal. Aucun des deux camps écossais n'a tenu de grands rassemblements populaires dans la capitale ou la métropole.
Personnellement, c'est devant le parlement d'Écosse que M. Cloutier a vécu la soirée électorale. Il a répondu que les quatre élus du PQ sur place n'étaient pas ensemble pour en suivre le déroulement. En soirée, il a aperçu son collègue Mathieu Traversy discuter avec Martine Ouellet , et croisé Pierre Karl Péladeau.
Alexandre Cloutier a agi comme représentant officiel de la députation péquiste. Il cosignera un rapport à remettre aux instances du PQ.