La candidature de Gaétan Barrette a officiellement été annoncée lundi par le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, qui s'est présenté devant les médias flanqué du Dr Barrette et du Dr Yves Bolduc, ancien ministre de la Santé et critique de l'opposition en santé.

Couillard défend le Dr Barrette qui aura Houda-Pepin comme rivale

Le chef libéral Philippe Couillard a réfuté mardi les allégations de son ex-députée Fatima Houda-Pepin qui attaque le «transfuge» Gaétan Barrette, qui lui fera la lutte dans la circonscription de La Pinière.
L'ancienne députée libérale a confirmé mardi qu'elle serait candidate indépendante aux prochaines élections qui seront vraisemblablement déclenchées mercredi matin.
Mardi, elle n'a pas manqué d'écorcher le président de la Fédération des médecins spécialistes, le Dr Gaétan Barrette qui se présente sous la bannière du Parti libéral après avoir porté les couleurs de la Coalition avenir Québec en 2012.
Le Dr Barrette, avance Mme Houda-Pepin, fera campagne avec quelque 40 000$ amassés par l'exécutif local alors qu'elle était une élue du PLQ. Elle estime qu'on devrait inscrire sur les pancartes électorales du Dr Barrette: ce message a été «autorisé par le représentant officiel du Parti libéral et payé par Fatima Houda-Pepin».
Réplique de Philippe Couillard : l'argent n'appartient pas à l'exécutif de la circonscription, «ni à personne». «Il appartient aux militants libéraux et au Parti libéral du Québec et on va l'utiliser pour la campagne, bien sûr», a-t-il dit, en point de presse à l'hôtel de ville de Québec en fin d'avant-midi.
Mme. Houda-Pepin, qui représente La Pinière sur la rive-sud de Montréal depuis 1994, a été exclue du caucus libéral le 20 janvier, en raison de ses positions sur la laïcité de l'État et l'intégrisme, qui divergent de celles du chef M. Couillard.
Celle qui promet de faire une chaude lutte à Gaétan Barrette accuse ce candidat-vedette des libéraux est inconnu dans cette circonscription. «Qui est Gaétan Barrette dans La Pinière? Combien de fois il vous a parlé de La Pinière? Des citoyens de La Pinière, qu'est-ce qu'il en sait? M. Barrette, il vient chercher une limousine sur le dos des citoyens de La Pinière», a-t-elle dit.
«Je ne commente pas les paroles de Mme Houda-Pepin. C'est une citoyenne qui décide de se porter candidate, c'est tout à fait légitime pour elle de le faire», a dit M. Couillard. «Mais La Pinière aura un député libéral à la suite de l'élection générale», a-t-il ajouté.
«Les vraies affaires»
Philippe Couillard a venté mardi le Dr Gaétan Barrette comme un candidat solide pour l'une des priorités libérales : la santé. Il s'agit de l'une des «vraies affaires» dont promet de parler le PLQ au cours de la campagne qui a comme slogan «Ensemble, on s'occupe des vraies affaires».
Les autres «vraies affaires», a-t-il dit, sont «l'économie, l'emploi et l'éducation». Les «pas vraies affaires», selon le chef libéral sont plutôt «la division», en allusion à la Charte des valeurs québécoises et «la séparation du Québec».
Héritage libéral et régimes de retraite
À la veille du déclenchement de la campagne électorale, le chef libéral Philippe Couillard n'a pas manqué hier de souligner l'héritage libéral dans la région de Québec, entre 2003 et 2012. «Il y a beaucoup de signes du passage du gouvernement libéral dans la capitale, qu'on pense à l'amphithéâtre, le Diamant, le PEPS, la promenade Samuel-De Champlain», a-t-il énuméré hier en point de presse à l'hôtel de ville de Québec.
M. Couillard sortait d'un tête-à-tête avec Régis Labeaume. Les deux hommes ont notamment parlé de régimes de retraite, un sujet cher au maire de Québec et aux autres maires des grandes villes qui ont récemment annoncé vouloir en faire un enjeu électoral.
«Notre position va plus loin que celle déposée par Mme Maltais», a plaidé M. Couillard, notamment, dit-il, quant au partage à 50-50 des déficits passés des régimes de retraite. Les libéraux plaident aussi pour l'intervention d'un arbitre en cas d'échec dans les négociations. Le projet de loi déposé par la ministre du Travail Agnès Maltais prévoit plutôt le recours à la Commission des relations du travail (CRT). En décembre, Régis Labeaume avait salué la position du Parti libéral, mais avait critiqué le recours à un arbitre. «Nous, à la Ville de Québec, on pense qu'on est capables de prendre nos décisions et qu'on n'a pas besoin d'un arbitre. Avec les arbitres, on a eu de très mauvaises expériences dans les négociations à la Ville», avait alors soutenu M. Labeaume.
«L'arbitre sera balisé», a assuré M. Couillard mardi, en soulignant qu'il devra notamment tenir compte «de la capacité de payer des contribuables et de l'équité intergénérationnelle».
Avec Valérie Gaudreau et La Presse Canadienne