Le premier ministre Philippe Couillard croit que si le projet du gouvernement fédéral de légaliser la marijuana n'est pas bien coordonné avec les provinces, celles-ci auront un fardeau important sur leurs épaules. 

Couillard craint le lourd fardeau du pot

Philippe Couillard craint que le projet de Justin Trudeau de légaliser la marijuana à usage récréatif ajoute un lourd fardeau aux provinces.
Le premier ministre québécois voit des «côtés positifs» à cette légalisation. Mais il croit aussi que «ça risque, si ce n'est pas bien fait, si ce n'est pas bien coordonné avec les provinces, de transférer des fardeaux importants sur leurs épaules». C'est ce qu'il a déclaré mardi.
M. Couillard n'est pas contre le principe, car légaliser la consommation de cannabis - si la réglementation et l'encadrement ont été bien pensés et bien ficelés - c'est «sortir le crime organisé» de ce marché, c'est faire échec au «marché noir».
Le ministre de la Santé et des Services sociaux exprime aussi des inquiétudes, mais avec un ton plus ferme à l'égard d'Ottawa. Martelant que «le fédéral impose la légalisation de la marijuana», Gaétan Barrette soutient que légaliser l'usage récréatif de la marijuana apportera inévitablement un accroissement des problèmes, tant en ce qui a trait à la santé publique qu'en matière de sécurité publique.
Car, il y aura nécessairement une augmentation de la consommation de cannabis, selon lui. «Quand on légalise quelque chose, on peut s'attendre à ce que la consommation augmente», a-t-il commenté.
Avec l'Ontario
Par-dessus tout, il faudra «s'assurer qu'on puisse protéger la population adéquatement, notamment les jeunes», a insisté la titulaire de la Santé publique, Lucie Charlebois. Elle faisait référence «aux enjeux de santé publique et de sécurité publique», par exemple à la conduite avec les facultés affaiblies par le cannabis.
À ce sujet, M. Couillard a d'ailleurs souligné qu'«on ne dispose pas actuellement d'outils» de mesure comme c'est le cas pour l'alcool avec les ivressomètres.
Il a annoncé que son gouvernement agira en concertation avec celui de l'Ontario.
«Un milieu réglementé»
Le projet de loi du gouvernement de Justin Trudeau sera présenté jeudi à la Chambre des communes. Le gouvernement fédéral devrait avoir la responsabilité de déterminer la nature des produits qui seront autorisés et de dessiner l'encadrement général de cette légalisation. Les provinces, elles, devraient avoir la responsabilité d'établir les modalités de la distribution sur leur territoire - en plus d'avoir à assumer les coûts liés à d'éventuels problèmes de santé publique et de sécurité publique.
Elles espèrent que les rentrées fiscales qu'apportera la légalisation à venir leur permettront de les assumer complètement. Elles cogneront à la porte d'Ottawa s'il le faut.
Selon les informations ayant circulé jusqu'ici, le projet de loi fédéral viserait à légaliser le cannabis à usage récréatif d'ici le 1er juillet 2018.
L'échéancier paraît serré au gouvernement du Québec.
Ce dernier réfléchit à la possibilité de confier à un nouveau réseau que gérerait l'actuelle Société des alcools du Québec la distribution de la marijuana sur le territoire québécois. D'autres hypothèses sont aussi évoquées dans les officines gouvernementales. Mais aucune décision à ce sujet ne sera prise avant quelque temps encore.
«Ça va prendre un milieu réglementé», s'est contenté de dire Philippe Couillard.
Hommage de l'Assemblée nationale
La ministre des Relations internationales du Québec, Christine St-Pierre, n'a pu réprimer un sanglot mardi en évoquant la mémoire des soldats canadiens morts au combat il y a 100 ans lors de la bataille de Vimy, en France.
«Il nous faut nous rappeler l'importance de l'événement et ne jamais l'oublier», a déclaré la ministre St-Pierre au Salon bleu de l'Assemblée nationale.
«Des milliers de soldats furent tués et blessés pendant ces jours fatidiques. Ils n'auront pas versé leur sang en vain. Ils seront récompensés par la victoire des puissances de l'Entente au terme des hostilités qui ont inauguré le siècle le plus meurtrier de l'histoire. La bravoure de ces hommes est pour toujours une source d'immense fierté d'un océan à l'autre, d'autant plus que l'ampleur du carnage de ces années terribles, 1914-1918, échappe à l'entendement humain.»
«Nos pensées se tournent avec une révérence particulière vers les militaires québécois qui ont servi au cours de la Première Guerre mondiale, dont ceux du 22e bataillon appelé à devenir le fameux Royal 22e Régiment. Ils ont orné notre histoire d'une gloire impérissable.»
«En honorant le souvenir et le sens du devoir de ces soldats, nous prenons véritablement conscience de l'inestimable valeur de la paix dont nous jouissons chaque jour», a conclu la ministre.
Motion adoptée à l'unanimité
Une motion adoptée par la suite à l'unanimité par l'Assemblée nationale se lit ainsi : «Que l'Assemblée nationale commémore le centenaire de la bataille de la crête de Vimy; que son souvenir soit gravé pour toujours dans la mémoire et le coeur des Québécois; que l'Assemblée nationale exprime sa profonde gratitude pour le sacrifice consenti par des milliers de militaires canadiens et québécois; que l'Assemblée nationale se souvienne de l'apport du 22e bataillon d'infanterie à cette grande victoire; qu'elle rende hommage au courage et aux souffrances de ces soldats, grâce auxquels nous vivons aujourd'hui dans la liberté et la paix.»