Alors que l'Assemblée nationale s'apprêtait à suspendre ses travaux pour la période des Fêtes, Philippe Couillard, Jean-François Lisée et François Legault se sont prêtés au traditionnel échange de bons voeux.

Couillard assume son coup de frein aux dépenses

Philippe Couillard ne veut pas «effacer l'ardoise». Il ne regrette en rien le coup de frein imposé aux dépenses publiques qui a permis d'éviter un «désastre financier», dit-il.
Au moment de dresser le bilan de la dernière session, vendredi, le premier ministre a pleinement assumé les mesures de rigueur budgétaire - ou d'austérité - de la première moitié de son mandat. La protectrice du citoyen a souligné à plus d'une reprise les impacts qu'elles ont eus sur les services à la population. Ces impacts ont été «minimaux», martèle le premier ministre.
«Il y a toutes sortes de grands esprits qui disent que, eux, ils ne l'auraient pas fait de la même façon, a noté M. Couillard. Mais posez-leur la question : comment vous auriez rétabli l'équilibre budgétaire? Auriez-vous eu le courage de prendre des décisions qui étaient requises? [...] Je ne vais certainement pas enlever de la mémoire des Québécois qu'on a rétabli la santé financière du Québec.»
Le premier ministre ne regrette pas d'avoir déclaré qu'il avait «littéralement sauvé le Québec». Si c'était à refaire, par contre, il ajouterait «... d'un désastre financier», a-t-il précisé. «L'alternative était catastrophique», a dit M. Couillard. 
La marge de manoeuvre retrouvée doit permettre de faire des changements en éducation, en santé et pour l'économie. Il espère mieux communiquer les perspectives offertes par la marge de manoeuvre dégagée. 
Le premier ministre n'a pas voulu corroborer les rumeurs d'un remaniement ministériel et d'un discours inaugural qu'il mijoterait pour le début de la prochaine session. Comme il le fait généralement en pareille occasion, il indique qu'il est toujours à la recherche de façons d'améliorer son équipe. «Je suis très content de mon équipe, a-t-il lancé. Je suis conscient que, dans des grandes missions comme la santé, l'éducation et l'enseignement supérieur, la stabilité du leadership est importante pour les équipes, pour les réseaux.»
Des «améliorations» seront apportées au projet de loi 62 sur la neutralité religieuse de l'État pour le rendre «plus affirmatif». Il prévoit que les services publics doivent être donnés et reçus à visage découvert. «Je pense qu'on peut encore l'améliorer, mais sans trahir nos principes», a affirmé M. Couillard. 
Le chef de l'opposition péquiste a une analyse aux antipodes de celle du premier ministre. Il aurait dû ouvrir sa bourse dès le moment où il a su qu'il atteindrait son objectif d'équilibre budgétaire. «Les témoignages s'empilent de misère humaine aggravée par les compressions, a lancé Jean-François Lisée. Le premier ministre dit : continuez à couper.»
Le résultat des élections complémentaires - où le PLQ a subi une baisse considérable - illustre que le «lien de confiance» avec les Québécois est rompu, croit M. Lisée. «On sait qu'on est au début du crépuscule de ce régime libéral, a-t-il déclaré. On compte les mois. Il en reste 22.»
«Usé, usé, usé» 
De son côté, le chef caquiste François Legault se voit comme un premier ministre «en attente» face à des adversaires prisonniers d'une «bulle» élitiste et déconnectés des préoccupations des Québécois. 
Ragaillardi par sa victoire convaincante dans l'élection partielle dans Arthabaska, le chef caquiste continue à rêver à un déménagement dans l'édifice Price, en 2018. 
S'il convient qu'il devra améliorer sa machine électorale, M. Legault promet de proposer plusieurs idées en 2017 pour démontrer que la CAQ est prête pour le pouvoir. Il rappelle sa volonté d'initier une «Baie James du XXIe siècle» et sa stratégie maritime du Projet Saint-Laurent.  
Le gouvernement Couillard est «usé, usé, usé», dit M. Legault, qui se pose en défenseur de l'identité québécoise. 
Chez Québec solidaire, les députés Amir Khadir et Manon Massé ont dénoncé l'adoption de la Loi sur les premiers demandeurs d'aide sociale, plaidé en faveur du salaire minimum à 15 $ et posé en rempart contre la discrimination systémique. Ils estiment que le gouvernement sert davantage les intérêts de divers groupes de pression que ceux des Québécois.
Les députés ont dû passer la nuit à l'Assemblée nationale en raison du bâillon imposé par le gouvernement au projet de loi sur les hydrocarbures. Les partis d'opposition s'opposent à l'utilisation de la fracturation hydraulique pour l'exploitation d'hydrocarbures et à la possibilité d'expropriation pour des citoyens. La procédure de suspension des règles devait permettre l'adoption de la pièce législative tôt samedi matin.