Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a mené, hier, une charge à fond de train contre le Parti québécois et les déclarations de certains de ses membres.

Couillard accuse le PQ d'être un «danger social»

Le Parti québécois représente un «danger social» pour le Québec, s'indigne Philippe Couillard dans une charge à fond de train contre lui.
Le débat portant sur la forme et le degré de laïcité à implanter au Québec n'en finit plus d'opposer nos politiciens.
«Ce parti politique vient de démontrer sa totale incompétence en la matière, le danger social même que ça représente pour le Québec. On a vu les tensions sociales que leur tentative malheureuse a provoquées», a affirmé le chef libéral, mardi.
Les «déclarations de certains membres du Parti québécois montrent leur immaturité, leur ignorance et leur incompétence sur la question de la vie et de la coexistence des communautés», a-t-il poursuivi. Il ne digère pas la petite phrase prononcée la semaine dernière par le chef intérimaire Stéphane Bédard sur ses valeurs saoudiennes.
Mardi, Bernard Drainville lui a reproché de refuser de boycotter l'Arabie Saoudite, un pays où l'on bafoue les droits de la personne les plus élémentaires. Le député péquiste préconise que «le Québec soit à l'avant-garde» sur ce front. Si le monde n'était pas intervenu dans le cas de l'Afrique du Sud, «je ne suis pas sûr qu'on serait venu à bout de l'apartheid».
Mise en garde
Philippe Couillard met en garde contre les comparaisons. Il réplique que le président américain Barack Obama lui-même vient tout juste de se rendre en Arabie saoudite. Il est allé y présenter ses condoléances après la mort d'Abdallah et parler avec son successeur, le roi Salmane, notamment des droits de la personne.
Son propre séjour en Arabie Saoudite entre 1992 et 1996 lui a appris «ce que ça veut dire se faire dire que ta religion n'a pas à être montrée ou pratiquée, a-t-il expliqué. Ça m'a appris la valeur de nos libertés. Mais j'ai également rencontré des gens qui sont aussi éclairés que nous dans cette salle, qui souhaitent que leur pays évolue.»
Se comparant à un professeur soupesant chaque mot, le premier ministre souhaite que l'on parle non seulement de «neutralité religieuse» de l'État plutôt que de «laïcité», mais aussi de «lutte contre le radicalisme» plutôt que de «lutte contre l'intégrisme».
M. Couillard n'a toujours pas fixé de date précise pour le dépôt du projet de loi sur la neutralité religieuse que parrainera la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.