L'aide de l'État rapporte 2,8 millions $ au PQ en vertu du score de l'équipe de Pauline Marois en prenant le pouvoir avec un gouvernement minoritaire. La formule d'appariement aux sommes reçues des partisans lui garantit 250 000 $ supplémentaires pour un total de 3 894 921 $. Les troupes libérales disposent de 3,8 millions $ et les caquistes de 2,4 millions $, presque huit fois les sommes de ses donateurs.

Contributions aux partis: les coffres du PQ les mieux garnis

Si l'argent est le nerf de la guerre, le Parti québécois (PQ) partira avec un avantage sur ses adversaires. Il est le seul à avoir recueilli plus d'un million de dollars en dons provenant du public, l'an passé.
Une compilation des statistiques du Directeur général des élections (DGE) révèle que la formation politique de Pauline Marois a reçu 1 057 868 $ en contributions pendant l'année 2013.
En comparaison, le Parti libéral du Québec (PLQ) n'a amassé dans ses coffres que 833 466 $. Cette somme fait cependant abstraction du 1,3 million $ que les trois candidats, dont l'actuel chef Philippe Couillard, avaient obtenu pour soutenir leur tentative de succéder à Jean Charest à la tête du PLQ. Ce montant ne servira pas à une campagne, tout ayant été dépensé par les aspirants.
À l'image des sondages, la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault vient loin des meneurs, avec une récolte de 159089 $. La campagne de sollicitation de Québec solidaire, elle, a rapporté 206 351 $.
Depuis 2000, c'est la seconde fois que le PQ devance les libéraux au chapitre des dons. Cela coïncide avec les modifications au plafond des contributions qui ont été apportées. Le maximum pour les dons des contribuables a été ramené de 3000 $ à 1000 $, dans un premier temps par un gouvernement libéral; puis, à 100 $ par personne, en vertu de la loi présentée par le PQ, en 2012.
Il est en conséquence difficile de comparer les résultats avec les précédentes années où le PLQ était imbattable. À plusieurs reprises, au début de la précédente décennie, le parti a pu engranger plus de 8 millions $ en un an, en comptant sur davantage de gros donateurs. De 2000 à 2003, alors dans l'opposition, ses organisateurs ont recueilli un peu plus de 15 millions $ tandis que son principal concurrent, le PQ, a reçu environ 4 millions $.
Sur la ligne de départ
Les changements à la législation sur le financement populaire des partis font en sorte que l'État a remplacé en bonne partie ce que les contribuables versaient à leur formation favorite. Les organisations ont droit à des chèques mensuels du DGE, dont la somme varie selon leur performance au dernier scrutin et aussi selon les contributions versées par les citoyens.
Alors que les spéculations laissent croire à la tenue d'un scrutin au début du printemps, c'est le PQ qui affichera le plus important butin pour la guerre électorale.
L'aide de l'État rapporte 2,8 millions $ au PQ en vertu du score de l'équipe de Pauline Marois qui a reçu 31,95 % des suffrages en prenant le pouvoir avec un gouvernement minoritaire, en septembre 2012. La formule d'appariement aux sommes reçues des partisans lui garantit 250 000 $ supplémentaires. Somme totale : 3 894 921 $.
Les troupes libérales disposent au total de 3,8 millions $, dont 2,7 millions $, en vertu du fait que Jean Charest avait obtenu 31,2 % des voix. L'aide de l'État se fait particulièrement sentir pour les caquistes: le pourcentage de votes pour la formation de François Legault lui garantit 2,4 millions $, presque huit fois les sommes de ses donateurs.
Au total, les stratèges de la CAQ ont accès à tout près de 2,8 millions $. Québec solidaire, dont les deux députés sont de Montréal, peut compter au total sur tout près d'un million de dollars, dont la moitié en vertu de ses résultats, en 2012. Durant une année électorale, les règles prévoient que le soutien de l'État se fait encore plus généreux, pour la formule d'appariement aux dons et celle reliée au score électoral.
Le montant maximal des dépenses électorales a été ramené de 11,5 millions $ à 8 millions $, lorsque le PQ a accédé au gouvernement. La Coalition avenir Québec a tenté en vain de limiter ce plafond à 4 millions $.