«Il faut mettre un terme à cette farce», a lancé le chef du PQ, Jean-François Lisée, à propos de la consultation sur la discrimination systémique et le racisme.

Consultation sur le racisme: l'opposition réclame son annulation

Québec n'a d'autre choix que d'annuler la consultation sur la discrimination systémique et le racisme, ont martelé mardi le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) alors que Philippe Couillard a maintenu qu'elle aura lieu, tout en annonçant de possibles améliorations.
«Il faut mettre un terme à cette farce», a lancé d'entrée de jeu le chef du PQ, Jean-François Lisée, qui prenait pour la première fois la parole en chambre après un été où le climat a été particulièrement tendu notamment avec l'arrivée massive de demandeurs d'asile haïtiens et des gestes haineux commis par des groupes d'extrême droite à l'endroit des membres du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ). 
M. Lisée martèle depuis cet hiver que cette consultation, mise sur pied par Québec à la demande notamment de nombreux groupes communautaires, se transformera en procès des Québécois qui ne fera qu'envenimer les choses.
Il a tapé sur ce clou mardi, répétant qu'il fallait «tirer la plogue» et plutôt adopter le projet de loi qu'il présentera «pour faire reculer le racisme». 
Tout comme l'a fait la porte-parole caquiste en matière d'immigration, Nathalie Roy, M. Lisée a cité les éditorialistes des différents journaux qui, dans les dernières semaines, ont soutenu que la consultation était de moins en moins crédible en raison des révélations au sujet de la présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qui doit mener la consultation, de la décision de tenir une portion des audiences à huis clos ainsi que les différentes prises de position des partis de l'opposition.
Le chef péquiste a également repris les propos du cofondateur du CCIQ, Boufeldja Benabdallah qui, dans un récent article du Soleil, a affirmé qu'il ne participerait pas à l'exercice, préférant plutôt des mesures concrètes pour combattre le racisme. 
Le premier ministre, Philippe Couillard, a répliqué qu'il était important que la consultation se tienne et que l'inverse «serait très inquiétant». Il a aussi dit que sa collègue à l'Immigration, Kathleen Weil, était prête à faire «des améliorations dans la formule de la commission, notamment quant à son caractère public ou privé, selon les cas».
Pas «systématiquement raciste»
Citant la candidate libérale dans Louis Hébert, Ihssane El Ghernati, qui a soutenu qu'en 22 ans elle n'avait jamais été témoin de racisme, Mme Roy a pour sa part plaidé qu'une société «si ouverte et accueillante envers l'immigration» comme le Québec ne pouvait pas être «systématiquement raciste». 
Mais la ministre Weil a maintenu que le gouvernement irait de l'avant «avec enthousiasme et confiance» avec les consultations, répétant que c'était à la demande de certains intervenants qu'une portion des audiences se tiendraient à huis clos mais que la consultatio