L'Alliance syndicale, qui regroupe les cinq organisations syndicales de l'industrie de la construction, pourra exercer son droit de grève à compter du 22 juillet.

Construction: Couillard n'aura pas «les bras croisés» en cas de grève

Alors qu'une menace de grève pèse sur plusieurs secteurs de l'industrie de la construction, le premier ministre Philippe Couillard y est allé d'une mise en garde: son gouvernement ne restera pas les «bras croisés» si rien ne bouge.
En marge d'une annonce à Montréal, vendredi, M. Couillard a enjoint les deux parties d'en venir «rapidement à une entente négociée», sans toutefois aller jusqu'à évoquer une loi spéciale, du moins pour le moment.
«Les activités de construction sont un aspect vital de notre économie au Québec, a-t-il dit au cours d'une mêlée de presse. Comme premier ministre, je ne resterai pas les bras croisés devant un ralentissement des activités avec des conséquences économiques importantes sans agir.»
Les syndicats de la construction viennent de se doter d'un mandat de grève à plus de 93 %, alors que les conventions collectives sont arrivées à échéance le 30 avril dernier.
Les cinq organisations qui forment l'Alliance syndicale, à savoir la FTQ-Construction, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), le Syndicat québécois de la construction, la CSD-Construction et la CSN-Construction représentent les 175 000 ouvriers de l'industrie au Québec dans les quatre secteurs d'activités. Une grève pourrait théoriquement être déclenchée dès le 22 ou le 24 mai, selon les secteurs d'activités.
Malgré la saison des grands travaux qui bat son plein, M. Couillard n'a pas voulu fixer d'échéancier, mais a laissé entendre que son gouvernement pourrait agir si l'on constate un ralentissement de l'activité et des pertes d'emplois.
«Je recommande aux parties d'en venir rapidement à une entente négociée en se souvenant (que c'est) toujours préférable à une autre méthode, a-t-il lancé. C'est valide des deux côtés. Ce n'est pas vrai que cela donne un chèque en blanc à l'une des parties.»
Conciliateur
Les négociations entre les organisations syndicales et les représentants patronaux se poursuivent toujours, toutefois, en présence d'un conciliateur.
Par voie de communiqué, l'Association des constructeurs de routes et de grands travaux du Québec (ACRGTQ) - qui représente la majorité des principaux entrepreneurs et fournisseurs oeuvrant dans la construction de routes, d'ouvrages de génie civil et de grands travaux - a indiqué avoir reçu une offre qualifiée de «finale» par l'Alliance syndicale.
À première vue, un «écart substantiel existe entre cette offre et celle de la partie patronale», a fait valoir l'Association, sans en dévoiler les détails, étant donné qu'elle souhaite procéder à une analyse détaillée.
Elle se dit disposée à poursuivre les négociations avec la partie syndicale, mais lui reproche un «faible intérêt» à conclure une entente en offrant peu de disponibilité pour négocier.