Après avoir indiqué qu'il n'avait jamais fumé de marijuana, le député conservateur Alupa Clarke a avoué qu'il y avait goûté quelques fois, alors qu'il était adolescent.

Consommation de marijuana: Alupa Clarke passe aux aveux

Pris de remords après avoir affirmé au Soleil cette semaine qu'il n'a jamais fumé de marijuana, le député conservateur de Beauport-Limoilou, Alupa Clarke, est passé aux aveux. «J'y ai goûté quelques fois», a-t-il admis ajoutant avoir «été pris au dépourvu» par la question.
Le Soleil s'était entretenu mardi après-midi avec l'élu au sujet d'un sondage portant sur la légalisation de la marijuana qu'il a distribué aux citoyens de sa circonscription le mois dernier. Lors de la conversation, M. Clarke a exprimé son scepticisme à l'égard de la réelle intention des libéraux de déposer un projet de loi, soulevant que cela fait 40 ans que le parti en discute. 
«Je me souviens, Paul Martin, après avoir gagné les élections, il avait dit en riant lors d'une entrevue que sa femme lui avait déjà fait des muffins qui l'avaient fait rire pendant longtemps», a-t-il rappelé. Renchérissant sur l'anecdote, l'auteur de ces lignes lui a alors demandé si lui-même avait mangé de tels muffins (il s'agissait en fait de brownies) ou encore fumé un joint de marijuana. 
«Jamais, non. Non, ça ne m'a jamais vraiment intéressé», a-t-il répondu. Essayerait-il si jamais cela devenait légal? «Non madame. Je ne veux pas que ça devienne légal et je suis très satisfait avec le vin rouge et la bière.»
Quelques heures plus tard, le député a contacté Le Soleil afin de faire son mea culpa. «J'ai été pris au dépourvu, c'est une question qui relève du droit criminel. Donc la vérité, c'est que oui, j'ai déjà fumé. J'ai été sous le choc, je n'ai pas su quoi répondre, a-t-il expliqué.
À l'adolescence, j'ai déjà fumé, c'est ça la vérité. J'y ai goûté quelques fois, dans les partys ici et là. Voilà, je vous dis la vérité. Je trouve que l'honneur c'est important, j'ai mal répondu à cette question-là et j'ai été extrêmement troublé. J'avais d'autres réunions durant la journée, donc je tenais vraiment absolument à corriger cela.»
Un enjeu pas important 
Par ailleurs, l'ancien militaire élu dans Beauport-Limoilou à l'automne 2015 croit que les citoyens de sa circonscription, majoritairement contre la légalisation de la marijuana selon son sondage non scientifique et ne comprenant pas de marge d'erreur, ne font que refléter une opinion répandue à l'échelle du Canada. 
En tout, près de 93 000 exemplaires du questionnaire ont été distribués. De ce nombre, 257 ont été remplis et retournés au bureau du député. Résultats, 61,5 % des répondants s'opposent à la légalisation de la substance, 34,6 % se sont dits en faveur contre 3,9 % indécis. 
«Moi ce que je vois, c'est que les gens n'ont pas nécessairement un appétit pour la légalisation de la drogue dans ce cas-ci. En vérité, sérieusement, je ne suis pas rentré en politique pour parler de marijuana. Je trouve que ce n'est pas un enjeu qui est important», a commenté Alupa Clarke. 
Invité à préciser ses propos, le député a soutenu que le commerce au noir et les enjeux de santé étaient évidemment des préoccupations majeures, mais que la légalisation de la marijuana ne dissuadera pas ses adeptes. «Les adolescents qui vont vouloir fumer vont fumer, ça ne changera absolument rien, c'est sûr», a-t-il fait valoir. Et s'il a sondé ses commettants sur le sujet, c'est pour respecter leur opinion et «la refléter dans la mesure du possible, tout en reflétant celle de mon chef».