La semaine dernière, le chef conservateur Andrew Scheer avait vertement critiqué le voyage entrepris par Justin Trudeau en Afrique et  en Europe, lui reprochant de vouloir fuir ses responsabilités.
La semaine dernière, le chef conservateur Andrew Scheer avait vertement critiqué le voyage entrepris par Justin Trudeau en Afrique et  en Europe, lui reprochant de vouloir fuir ses responsabilités.

Conseil de sécurité: Trudeau n'ira pas faire campagne dans les Caraïbes

OTTAWA — Le premier ministre canadien Justin Trudeau a annulé son voyage de deux jours à la Barbade en raison de la crise ferroviaire. 

M. Trudeau devait plutôt se rendre à la Barbade pour y assister au sommet de la Communauté caribéenne (ou Caricom), un regroupement de 15 pays membres et cinq pays associés. Il voulait profiter de l’occasion pour aller chercher des appuis en vue de l’élection au Conseil de la sécurité de l’ONU.

C’est le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne qui le représentera au cours de cette rencontre internationale.

La semaine dernière, le chef conservateur Andrew Scheer avait vertement critiqué le voyage entrepris par M. Trudeau en Afrique et en Europe, lui reprochant de vouloir fuir ses responsabilités.

Vendredi, M. Trudeau défendait encore le séjour qu’il devait faire cette semaine à la Barbade. Il avait alors dit que la vice-première ministre Chrystia Freeland et d’autres ministres étaient «pleinement engagés» à résoudre la crise.

M. Trudeau avait toutefois ouvert la porte à l’annulation de son séjour à la Barbade lorsque les journalistes lui ont demandé s’il était sage pour lui de quitter le Canada au moment où les barrages ferroviaires viennent perturber l’économie du pays.

Siège au Conseil de sécurité de l’ONU

L’annulation du voyage nuira-t-elle aux chances du Canada d’être élu au Conseil de sécurité?

Le Canada a pu établir des liens étroits avec cette région du globe grâce à un passé colonial commun et aux millions de dollars d’aide envoyés par le Canada depuis l’accession de ces pays à l’indépendance dans les années 60, 70 et 80.

Mais l’aide a fondu comme neige au soleil au cours de la dernière décennie. Les pourparlers autour d’une entente de libre-échange, lancés en 2007, ne vont nulle part.

Selon un expert des Caraïbes, le professeur Stephen Baranyi de l’Université d’Ottawa, le Canada est toujours bien perçu dans la région, mais M. Trudeau devra offrir quelque chose à ces pays s’il veut obtenir leur vote.  

Le Canada, la Norvège et l’Irlande se disputent les deux sièges qui seront disponibles pour deux ans à l’organe exécutif des Nations unies en 2021; le vote des membres à l’Assemblée générale aura lieu en juin. M. Trudeau soutient que ce poste donnerait au Canada plus d’influence sur la scène mondiale dans des dossiers comme la paix, la sécurité et les droits de la personne.

Le Canada a siégé pour la dernière fois au Conseil de sécurité il y a 20 ans, en 2000. Dix ans plus tard, le gouvernement conservateur de Stephen Harper avait perdu sa campagne pour décrocher un nouveau siège : il avait retiré sa candidature avant le deuxième tour, pour éviter l’embarras d’une défaite prévisible.