Les délégués du Parti québécois réunis dans un «atelier» sur la langue ont voté vendredi en faveur du bannissement de l'anglais dans l'affichage commercial.

Congrès du PQ: un vote en faveur de l'affichage unilingue en français

Au premier jour du 17e congrès du Parti québécois, les délégués réunis dans un «atelier» sur la langue ont voté vendredi en faveur du bannissement de l'anglais dans l'affichage commercial, un dossier qui, comme un sous-marin, remonte régulièrement à la surface et que la direction tente par la suite de torpiller.
À la surprise du député Maka Kotto, qui était présent à cet atelier, les militants ont voté en faveur du «retour» à l'affichage commercial unilingue en français. La direction du parti tentera de faire renverser cette décision en séance plénière samedi ou dimanche. Elle devrait lancer un appel en ce sens à l'ensemble des 1500 délégués.
Au congrès précédent, en 2011, l'ex-députée Louise Beaudoin avait martelé que le Comité des droits de l'homme des Nations Unies a déjà indiqué «qu'on peut limiter, mais qu'on ne peut pas exclure». Après avoir été adoptée dans un premier temps à ce moment-là, la proposition de bannir l'anglais et les langues autres que le français de l'affichage commercial avait ensuite été jetée aux oubliettes.
Toujours dans ce même atelier sur la langue, les membres du Parti québécois ont demandé qu'un éventuel gouvernement Lisée applique les dispositions de la loi 101 aux CPE et aux garderies subventionnées.
Ils ont aussi été plus loin que ce que souhaite la direction du parti sur la langue de travail. Alors que cette dernière propose de soumettre progressivement les entreprises de 25 à 50 employés à la procédure de certification de francisation, ils ont voté en faveur de l'abaissement du seuil à 10 salariés. Parmi les opposants, certains ont évoqué le spectre d'une multiplication des faillites de petites entreprises.
Les délégués ont par ailleurs adopté une résolution demandant que, sous un gouvernement du Parti québécois, les communications de l'État du Québec avec les personnes morales se fassent uniquement en français.
Loi 101 au réseau collégial
La première discussion sur l'élargissement de la loi 101 au réseau collégial a été reportée à samedi. Plus tôt en journée, le chef Jean-François Lisée a fait savoir qu'il ne veut ni élargir l'application de la loi 101 au niveau collégial, ni réduire le financement des cégeps de langue anglaise au seul poids de la communauté anglophone du Québec. On savait déjà qu'il était opposé à la première idée, mais il avait paru d'accord avec la seconde plus tôt cette semaine.
La direction du PQ propose en revanche de rendre plus attractifs les cégeps francophones, notamment en permettant aux cégépiens «qui le désirent et qui démontrent une maîtrise du français suffisante de suivre un parcours en anglais enrichi qui pourra comporter une session dans un cégep anglophone».
Ainsi, les étudiants allophones et francophones qui choisissent aujourd'hui un cégep anglophone afin d'y acquérir une meilleure connaissance de l'anglais pourront atteindre «le même objectif, légitime, mais en choisissant pour y arriver le cégep francophone».