La présidente de l'UMQ, Suzanne Roy.

Commission Robillard: la présidente de l'UMQ «catastrophée»

Suzanne Roy, présidente de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), s'est dite «catastrophée» par les recommandations présentées par Lucienne Robillard, qui suggère au gouvernement de sabrer 1,3 milliard $ dans les transferts aux villes.
Bien que le rapport ne comporte que des recommandations, et non des décisions, Mme Roy croit «qu'il faut partir en peur» devant une telle proposition.
Elle est particulièrement choquée de voir la Commission de révision permanente des programmes inviter les municipalités à mieux contrôler leurs dépenses «sans tenir compte qu'on a de plus en plus de responsabilités qui nous sont délestées par le gouvernement du Québec».
Celle qui est aussi mairesse de Sainte-Julie affirme que la commission a choisi «la solution facile» en «pelletant le déficit du gouvernement vers les municipalités». «On ne peut pas continuer de penser que les municipalités est un puits sans fond dans lequel on peut piger.»
Suzanne Roy en appelle maintenant au premier ministre Philippe Couillard et au ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, de ne plus toucher aux budgets des municipalités. Elle leur demande carrément d'ignorer les recommandations de Lucienne Robillard. «Ça fait plus de 500 millions $ en un peu plus d'une année [qu'on absorbe] pour l'équilibre du gouvernement du Québec. [...] On n'en fait pas de déficits dans les municipalités.»
Le plus récent effort demandé aux administrations municipales relève du pacte fiscal transitoire en vigueur pour l'année 2015. Il inclut des compressions budgétaires de l'ordre de 300 millions $. À sa signature il y a trois semaines, Mme Roy dit avoir été «très claire» auprès des représentants du gouvernement à l'effet que l'UMQ acceptait pour «la dernière fois» de se serrer la ceinture. «M. Couillard était très au fait de ça», tranche Mme Roy.
En signant le pacte fiscal, l'UMQ avait demandé un certain nombre de garanties au MAMROT en échange de sa collaboration. Le gouvernement devant notamment s'engager à n'exercer aucune autre coupe de budget aux villes, et ce, pour tous les ministères.
Si de nouvelles coupes devaient être appliquées, Mme Roy souligne que ce seront inévitablement les citoyens qui en paieront le prix. À cet égard, elle n'exclut pas que des hausses de taxes ou des diminutions de services soient la seule solution pour les conseils municipaux de faire balancer leurs budgets.
Mme Roy assure que l'UMQ prendra contact avec le MAMROT dans les prochains jours pour lui faire part de ses inquiétudes.
Le maire de Québec, Régis Labeaume, ne s'est pas prononcé sur le rapport, dimanche. «Nous prendrons connaissance des recommandations avant de commenter», a seulement indiqué son attaché de presse.