Depuis 1881, Ottawa loue à Québec l'espace qui va de l'avant du parlement jusqu'aux fortifications, et de la Grande Allée jusqu'au boulevard René-Lévesque. Et ce, pour une «rente annuelle» de «cinquante piastres».

Colline parlementaire et plaines d'Abraham: le Québec doit récupérer tous les terrains, exige le PQ

La statue de René Lévesque est érigée en plein territoire fédéral? «Une aberration!» Le PQ exige que le Québec récupère le terrain à l'avant de l'Assemblée nationale et cesse d'en être simplement le locataire d'Ottawa.
Aujourd'hui, en conseil national, le PQ exigera du gouvernement Charest d'exercer les pressions nécessaires sur le fédéral pour récupérer non seulement le terrain en face du parlement, mais aussi les plaines d'Abraham.
«C'est une simple question de logique», a indiqué hier Alexandre Cloutier, porte-parole péquiste pour les affaires intergouvernementales. «Demandez aux Québécois si ç'a du bon sens que le devant de l'Assemblée nationale appartienne au gouvernement fédéral. Ça choque la logique»,
Dans sa livraison d'hier, Le Devoir a révélé qu'en 2006, l'ex-ministre libéral Benoît Pelletier a demandé par lettre au fédéral que le Québec récupère le terrain devant le parlement. Ottawa lui loue depuis 1881 l'espace qui va de l'avant du parlement jusqu'aux fortifications, depuis la Grande Allée jusqu'au boulevard René-Lévesque. La «rente annuelle» est de «cinquante piastres».
La missive du ministre Pelletier soulignait l'incongruité de «cette problématique que l'Assemblée nationale du Québec souhaite corriger depuis longtemps». La lettre à son homologue fédéral de l'époque, Michael Chong, est restée sans réponse.
Maintenant que les plaines d'Abraham sont au coeur de l'actualité, le PQ en profite aussi pour les réclamer. Selon M. Cloutier, qui est constitutionnaliste, le fédéral s'est approprié les Plaines en 1908 grâce à son «pouvoir déclaratoire». Une prérogative qui donne à Ottawa le droit de s'approprier des biens publics.
Le fédéral pourrait, sans ouvrir la Constitution, signer une entente administrative pour renoncer à l'utilisation de son pouvoir, plaide M. Cloutier. Et il devrait amender la Loi sur les champs de bataille pour transférer la propriété des Plaines au Québec.
Le PQ a demandé en 1978, sous René Lévesque, et en 1985, sous Pierre Marc Johnson, que le pouvoir déclaratoire soit annulé. Mais M. Cloutier a de la difficulté à expliquer pourquoi son parti n'a pas été plus véhément dans ses réclamations depuis. Il ne sait pas si le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard était au courant qu'il avait érigé le bronze de M. Lévesque en terrain fédéral, en 1999.
«La réponse à ça est que c'est une aberration et qu'il faut y mettre fin aujourd'hui», se limite à dire M. Cloutier.
Élue en 1998, la députée Agnès Maltais, elle, ignorait la chose. «Je l'ai appris il y a deux jours, affirme-t-elle. Je ne savais pas. Que les terrains de l'Assemblée nationale appartiennent au fédéral, voyons donc! Il faut régler ça tout de suite.»