Le ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, Martin Coiteux, affirme sentir un intérêt renouvelé envers la politique municipale de la part des Québécois.

Coiteux: un vote au municipal est aussi important qu'au provincial

EXCLUSIF / Estimant que les municipalités québécoises ont plus de pouvoir décisionnel que jamais, Martin Coiteux invite tous les Québécois à se rendre aux urnes, dimanche. Dans une rare sortie la veille d’élections municipales, le ministre des Affaires municipales lance un vibrant appel au vote.

«Ce qu’on souhaite, c’est qu’un jour on ait des taux de participation aussi élevés à l’échelle municipale qu’à l’échelle provinciale parce que c’est aussi important, sinon plus dans certains dossiers, les décisions qui se prennent à l’échelle municipale», a expliqué le ministre sans détour dans une entrevue accordée au Soleil, samedi. 

«Le développement économique et social, ce n’est pas juste au gouvernement du Québec que ça se passe. C’est de plus en plus dans votre municipalité alors vous avez le pouvoir de décider. Donc, allez voter», martèle Martin Coiteux. 

Même dans les nombreuses municipalités où des maires ou mairesses seront élus par acclamation, le choix de conseillers municipaux est important, estime-t-il. Le ministre pointe évidemment la loi 122 passée par son gouvernement afin de donner plus d’autonomie et de pouvoirs aux villes. Les lois spécifiques à Québec et Montréal, également, qui les ont respectivement dotés de nouveaux statuts de «capitale nationale» et de «métropole». 

«Encore plus valable cette année»

«S’il y a une raison encore plus valable cette année de se déplacer pour aller voter, c’est parce que les nouveaux élus et réélus vont être en mesure de prendre des décisions plus importantes que jamais, je pense. Et à travers les nouveaux pouvoirs qu’on donne aux villes, les citoyens ont l’occasion d’exercer une influence plus importante que jamais.»

Pendant des décennies le gouvernement du Québec s’est «considéré supérieur aux villes», qui devaient demander des permissions pour prendre des décisions, évoque M. Coiteux. Son administration a plutôt fait des municipalités des «gouvernements de proximité», lance-t-il.

Changements de maire sans conséquents

Le ministre affirme déjà sentir l’intérêt renouvelé envers la politique municipale. «On est à un tournant historique.» Les luttes serrées pour la mairie de certaines grandes villes, Montréal en tête de liste, aident à générer un engouement pour la question municipale qu’il souhaite voir perdurer par la suite. 

Par ailleurs, il assure qu’un changement d’administration municipale dans une grande ville comme Montréal, s’il y a lieu, ne serait pas un problème pour son ministère. «S’il y a des changements dans certaines villes, on prend évidemment contact avec les nouvelles administrations et l’on établit les ponts. Mais de toute façon, ça doit continuer de la même façon avec une approche de travail partenaire.»

Du cynisme à l’optimisme? 

En 2013, dans la foulée de la commission Charbonneau, les élections municipales avaient été marquées à travers la province par un vent de changement… et de cynisme. Quatre ans plus tard, le ministre des Affaires municipales croit que l’on a commencé à remonter la pente. 

«Il y a un processus d’assainissement dans le secteur public en général par rapport à des pratiques qui avaient été dénoncées, notamment, dans le contexte de la commission Charbonneau. C’est vrai aussi dans le contexte municipal. À Montréal, en particulier, il y a eu un changement assez important.»

Si rebâtir la confiance des Québécois envers leurs administrations municipales est «un travail de longue haleine», Martin Coiteux estime qu’il est «déjà très avancé».