Catherine Dorion lors de la reprise des travaux parlementaires, mardi. La députée de Québec solidaire s'était fait remarquer à la fin de l'année en portant notamment des jeans et des espadrilles à l'Assemblée nationale.

Code vestimentaire à l'Assemblée nationale: la cravate reste… pour l’instant

D’ici à ce qu’un consensus émerge sur la façon dont il faut s’habiller pour siéger à l’Assemblée nationale, les hommes devront continuer de porter la cravate et le veston, tandis que les femmes devront avoir une «tenue de circonstance».

Au premier jour de la reprise des travaux, le président de l’Assemblée nationale François Paradis a senti le besoin d’émettre une directive sur l’habillement des députés. Cette question avait soulevé un débat à la fin de l’année 2018, alors que les députés de Québec solidaire Catherine Dorion et Sol Zanetti ont siégé au Salon bleu en portant notamment des jeans et des espadrilles.

M. Paradis a invité le comité de réflexion sur le fonctionnement de l’Assemblée nationale à se saisir de cette question afin de prendre une position qui reflétera un «large consensus» au cours des prochains mois. À l’heure actuelle, l’Assemblée nationale du Québec n’a pas de code vestimentaire, mais demande aux élus d’adopter une «tenue de ville». M. Paradis croit que ce n’est pas à lui, unilatéralement, de décider ce que ça veut dire. 

Dans un discours qui a duré plus de 20 minutes, le président a fait un bond dans le passé, en rappelant que les derniers changements vestimentaires ont eu lieu dans les années 1960 à l’Assemblée nationale, alors que le président de la chambre a abandonné le port du tricorne, des gants et de la toge. Il a également détaillé les réflexions et les décisions qui ont été prises par les différents parlement à travers le monde sur cet enjeu pour lequel il faut faire preuve d’une «sensibilité accrue» selon lui.

«Je conçois très bien que pour certaines personnes, leur habillement constitue une manière de se définir et que c’est une partie intrinsèque de leur identité et de leur personnalité», a-t-il soutenu. Par contre, les vêtements ne doivent pas servir de moyen d’expression en arborant par exemple des slogans ou des messages publicitaires, a-t-il averti. 

Le statu quo plaît à QS

Québec solidaire a salué l’initiative de M. Paradis de faire en sorte que le parlement «continue d’évoluer au diapason de notre société». Le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois a toutefois précisé que son parti s’accommode bien du cadre vestimentaire actuel, qui est plutôt «flou», surtout pour les femmes. «Jamais Québec solidaire n’a fait de revendication en termes de normes vestimentaires.»

M. Nadeau-Dubois explique que les députés solidaires sont d’accord avec le statu quo. «Vous regarderez nos députés au jour le jour, ils sont généralement dans ce qu’on pourrait appeler une tenue de ville.»

Sans commenter spécifiquement la façon de s’habiller de Catherine Dorion et de Sol Zanetti, M. Nadeau-Dubois croit qu’à l’intérieur des usages de l’Assemblée nationale, «il y a de la place pour l’originalité. Et c’est ce que nos députés font puis vont continuer à faire».