Claude Béchard

Claude Béchard quitte ses fonctions de député et de ministre

Trop malade, Claude Béchard fait une croix sur la vie politique.
Le député de Kamouraska-Témiscouata, ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Francophonie canadienne et ministre responsable de la région du Bas-Saint-Laurent a annoncé mardi matin, dans un communiqué de presse, qu'il quittait toutes ses fonctions «en raison de son état de santé».
Combattant la récidive d'un cancer du pancréas, M. Béchard est hospitalisé à l'Hôtel-Dieu de Québec depuis la semaine dernière. Il n'a pas l'intention d'accorder d'entrevue, préférant vivre ces moments difficiles avec sa famille. Âgé de 41 ans, M. Béchard est marié et père de quatre enfants presque tous du même âge puisqu'il s'agit d'une famille reconstituée.
Lors d'un point de presse tenu mardi après-midi, le premier Jean Charest a confirmé que l'état de santé de son «compagnon de route extraordinaire» s'était encore détérioré et qu'il avait décidé par lui-même de céder sa place au gouvernement.
«Il va se battre jusqu'à la fin, je le sais, mais la maladie avance malheureusement», a expliqué M. Charest, sans s'aventurer dans les détails. La gravité de la situation ne laisse toutefois aucun doute quand M. Charest laisse tomber que «la cour des miracles est toujours ouverte, il peut arriver des choses, sait-on jamais...».
L'émotion du premier ministre, dont l'amitié avec Claude Béchard remonte à la campagne au leadership du Parti libéral du Québec de 1998, était palpable pendant son allocution. À quelques reprises, il a refoulé ses larmes en parlant de ce «jeune homme plein de d'énergie, de fougue, d'intelligence qui a donné le meilleur de lui-même pendant sa carrière politique».
Le jeune politicien a été tour à tour ministre de l'Emploi, du Développement économique, de l'Environnement et de l'Agriculture. Il a déposé le premier plan de lutte contre la pauvreté, pondu aussi le premier plan de lutte contre les gaz à effet de serre, piloté le dossier Rabaska, amorcé la révision du régime forestier et travaillait récemment à la première politique agricole du Québec, qu'il espérait déposer cet automne.
Remerciements
Dans son communiqué de presse, M. Béchard a lui aussi remercié Jean Charest, décrit comme «un ami, qui m'a toujours fait confiance et avec qui ce fut un grand honneur et un réel plaisir de servir le peuple québécois».
Il a aussi remercié «chaleureusement» ses concitoyens du Bas-Saint-Laurent, qu'il représentait à l'Assemblée nationale depuis 1997. « Les femmes et les hommes qui vivent dans ce magnifique coin de pays sont des gens de coeur et ce fut pour moi un grand privilège de les représenter pendant ces treize dernières années », a-t-il déclaré.