Le député caquiste Jean-François Roberge estime que le chef péquiste Jean-François Lisée (photo) a «touché le fond» avec sa suggestion d'ériger une clôture sur le chemin Roxham.

Chemin Roxham: la CAQ et QS rejettent la clôture de Lisée

«Sur le fond, je pense que Jean-François Lisée a touché le fond», a commenté le député caquiste Jean-François Roberge au sujet de la déclaration du chef péquiste, qui a suggéré mercredi de fermer le chemin Roxham à l’aide d’une clôture, d’une haie de cèdres ou de toute autre manière.

«Si on ferme ce chemin, les gens vont passer ailleurs par les bois. La solution n’est pas un mur physique, une clôture, une haie ou une quelconque barrière physique. C’est une solution d’information. Ensuite, c’est une question de proportionnalité», a dit M. Roberge, en mêlée de presse jeudi matin. 

Pas question pour la Coalition avenir Québec (CAQ) de fermer le chemin Roxham, emprunté par la majorité des demandeurs d’asile en provenance des États-Unis. 

La veille, le Parti québécois (PQ) avait déposé une motion à l’Assemblée nationale visant la fermeture chemin. Avant la réunion du caucus, Jean-François Lisée a suggéré une clôture pour barrer la voie. 

«Il faut faire en sorte d’abord que les gens aient accès à d’autres points d’entrée. Si 91 % des entrées irrégulières ont été faites au Québec, c’est parce qu’on a le chemin irrégulier le plus connu au monde. [...] Une fois qu’on a décidé qu’on leur donne une autre voie [celle de passer par les postes-frontière], avec le gouvernement fédéral, on dit que ce chemin-là, qui a été construit, qui est maintenant élargi, où il y a des cabanes autour, on met une clôture, c’est tout», avait dit M. Lisée. 

Le PQ milite en faveur de la suspension de l’entente sur les tiers pays sûrs, qui fait en sorte que les demandeurs d’asile doivent entrer de façon irrégulière au pays, c’est-à-dire en dehors des postes frontaliers. 

Amendement refusé

Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire (QS), s’est aussi moqué de la proposition de Jean-François Lisée, mentionnant que le chef péquiste s’est «planté». «Quand on fortifie les frontières, on ne limite pas l’arrivée de demandeurs d’asile. On fait juste provoquer l’émergence de stratégies de contournement», a commenté M. Nadeau-Dubois. 

Québec solidaire a déposé jeudi une motion voulant que ce n’est pas en érigeant «des obstacles physiques aux frontières» que les pays développés relèveront le défi que constitue l’existence de flux migratoires importants. Le gouvernement a voté en faveur de son adoption, mais la motion a pourtant été battue. 

C’est le Parti québécois qui a voté contre. Le PQ a réclamé que Québec solidaire retire la partie visant l’érection d’obstacles physiques aux frontières — qui faisait allusion aux propos de Jean-François Lisée tenus la veille —, ce que QS a refusé de faire.